Nicolas Dupont-Aignan : "Ce gouvernement sera comptable devant la Haute Cour de Justice"

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La France et député de l'Essonne, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 30 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Nicolas Dupont-Aignan, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 30 mars à 7h40.

Nicolas Dupont-Aignan : "Le gouvernement est dans l'inaction"

Nicolas Dupont-Aignan a déposé un référé jeudi 26 mars devant le Conseil d'État demandant la nationalisation de deux entreprises "qui pourraient assurer des productions essentielles" . "Il faut nationaliser deux usines : l'une qui produit de la chloroquine, l'autre des bouteilles à oxygène, confirme-t-il à Patrick Roger. Je voudrais que l'on évite d'avoir du retard, comme on en a eu sur les masques et les tests, sur la production de la chloroquine et de bouteilles d'oxygènes. On ne sortira de cette crise que si on est capable de produire nationalement, estime-t-il. Arrêtons de dépendre des importations, qui sont aléatoires et qui nous ont mis dans une difficulté considérable. Le gouvernement est toujours en réaction, mais jamais en anticipation. La seule entreprise en France qui fabrique de la chloroquine est en redressement judiciaire mais fonctionne toujours, explique-t-il. Comme Trump l'a décidé pour les États-Unis, je voudrais en attendant le verdict des scientifiques, qu'on ne soit pas à court de chloroquine dans 15 jours quand on nous dira que c'est peut-être bien".

 

Le Conseil d'État devrait donner une réponse dans les 48 heures. "J'espère qu'il siégera aujourd'hui, ajoute le président de Debout La France. Le gouvernement est dans l'inaction, insiste Nicolas Dupont-Aignan : j'en ai assez de la propagande qu'il y a partout, et dans certaines chaînes de télévision !, fustige-t-il. Les soignants sont à bout, il n'y a pas les masques ni les tests, il y a des problèmes logistiques, le gouvernement est dans l'inaction : il faut que notre pays s'organise différemment", réclame-t-il.

 

"Le confinement ne peut pas être l'unique solution"

Nicolas Dupont-Aignan a également saisi le Conseil d'État sur la question du respect du confinement. "Que se passe-t-il dans nos banlieues ? Il y a des petits voyous qui ne respectent rien et risquent de contaminer tout le monde !, dénonce le député. Il faut un confinement pour tout le monde, pas deux poids deux mesures. Ce n'est qu'une solution provisoire, rappelle-t-il. Il faut savoir qu'il y a un confinement en Europe car l'Europe a été incapable de faire respecter ses frontières, d'avoir les masques et les tests. Les pays d'Asie, pourtant très ouverts sur le monde, Singapour, Honk Kong, Taiwan, ont eu des confinements très légers, car ils avaient anticipé, notamment en fermant leurs frontières".

"Il faut faire respecter le confinement, mais il faut aussi en prévoir la sortie : avec les masques, les tests, le contrôle des frontières, on peut éviter le confinement le plus dur, considère-t-il. Le confinement ne peut pas être l'unique solution. Nicolas Dupont-Aignan "ne croit pas trop à l'armée pour faire respecter le confinement. L'armée doit aider dans la logistique, notamment dans la distribution de masques", estime-t-il.

 

Masques : "il faut réquisitionner nos usines textiles, augmenter la production nationale"

Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé des commandes de masques. "Je m'en réjouis, je les avais demandés le 26 janvier !, rappelle Nicolas Dupont-Aignan. Mais ils dépendent d'une logique d'importation : il y a une commande mondiale, les usines chinoises ne peuvent pas tout produire. Mais je ne les vois pas sur le terrain. Selon lui, il faut réquisitionner nos usines textiles, augmenter la production nationale. Or, le gouvernement est dans une logique d'importation, ça ne peut pas marcher. Nos usines attendent d'être contactées par l'État pour produire des masques ! Il faut que l'État mette de l'argent pour produire, une logique de planification et de mobilisation de nos entreprises. Si l'État ne le fait pas, qui va le faire ?"

"Les pays qui ont beaucoup de morts n'avaient pas contrôlé leur frontière et n'ont plus d'industries nationales suffisantes, déplore Nicolas Dupont-Aignan. L'Allemagne, le Japon, la Corée, la Chine ont remis en production des usines, ont transféré des productions. Il faut que le gouvernement change de logique, insiste-t-il, au lieu de courir après des importations qui n'arrivent pas et qui sont très difficiles à obtenir. Pour lui, le problème de fond dans le pays est qu'il y a un décalage entre la parole publique et l’exécution".

 

"Il y aura une commission d'enquête et ce gouvernement sera comptable devant la Haute Cour de Justice"

Le Premier ministre a indiqué que le moment venu, les leçons seront à tirer de la crise et confirmé la nécessité de l'union nationale. "Je ne vois pas l'intérêt de l'union nationale si c'est pour couvrir l'inaction, affirme Nicolas Dupont-Aignan. L'union nationale pour faire des propositions, oui, souligne-t-il. Nous avons été réunis trois fois par le Premier ministre. J'ai notamment demandé le 27 février que l'on relance la pharmacie centrale des armées, pour produire les principes actifs des médicaments dont nous dépendons actuellement de la Chine et de l'Inde. Il n'y a jamais eu de réponses !, déplore-t-il. Cela fait deux mois que nous demandons à ce que la production de médicaments soit relocalisée". 

Selon le président de Debout La France, "le temps des responsabilités viendra. Il y aura une commission d'enquête et ce gouvernement sera comptable devant la Haute Cour de Justice".

 

"La grève serait une catastrophe supplémentaire, tient à préciser Nicolas Dupont-Aignan. Mais face à la surdité totale du gouvernement, on en arrive à ce genre d'extrémité. Avec la crise sanitaire, 'ceux qui réussissent' sont planqués et 'ceux qui ne sont rien' continuent à faire tourner la machine. Il faut les protéger".

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