Six personnes ont été mises en examen à Paris dans l'enquête sur le meurtre de Mehdi Kessaci et écrouées samedi, le jour même de l'entrée de son frère Amine, figure de la lutte anti-narcotrafic, au conseil municipal de Marseille.
Lundi, dix personnes avaient été interpellées dans ce dossier, dont quatre ont été remises en liberté à l'issue de leur garde à vue, a détaillé la procureure nationale anti-criminalité organisée Vanessa Perrée dans un communiqué.
Les six autres - cinq hommes et une femme - ont été mises en examen notamment pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée, et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, ou encore d'un délit puni de dix ans de prison.
Sont aussi visés les faits de destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux, vol et recel, le tout en bande organisée.
Les cinq hommes ont ensuite été placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention. La femme a quant à elle sollicité un délai avant qu'il soit définitivement statué sur sa détention ; dans l'attente, elle a elle aussi été écrouée.
Pour les dix interpellations, réalisées dans les régions de Marseille et Montpellier, une centaine d'enquêteurs de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et de la police nationale des Bouches-du-Rhône avaient été mobilisés, recevant l'appui de brigades de recherche et d'intervention (BRI), du RAID et d'une équipe cynophile.
Ces interpellations interviennent dans le cadre d'une information judiciaire confiée à des juges d'instruction parisiens et suivie par le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).
Créée en janvier à Paris, cette équipe de procureurs spécialisés pilote désormais les investigations les plus complexes liées au narcotrafic. Le dossier du meurtre de Mehdi Kessaci est l'un des plus sensibles qu'il ait récupérés.
- Sous protection policière -
Marche en hommage à Mehdi Kessaci, le 22 novembre 2025 à Marseille
CLEMENT MAHOUDEAU - AFP/Archives
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci avait été tué de plusieurs balles, en plein après-midi, dans la cité phocéenne.
La mort de ce jeune homme de 20 ans totalement étranger au trafic et inconnu de la police comme de la justice avait provoqué une onde de choc.
La famille Kessaci avait déjà été endeuillée en 2020 avec la mort du grand frère Brahim, impliqué lui dans le trafic, et dont le corps avait été retrouvé carbonisé.
Les mises en examen de samedi surviennent le jour où Amine Kessaci, autre frère de Mehdi, est devenu 4e adjoint au maire de Marseille, Benoît Payan, réélu dimanche dernier avec une liste de gauche hors LFI face au Rassemblement national.
L'édile a remis à son jeune adjoint une écharpe tricolore et les deux hommes sont tombés dans les bras l'un de l'autre, sous les applaudissements de l'assistance.
Devenu une figure de la lutte contre le narcotrafic, le militant écologiste et anti-drogue de 22 ans est menacé et vit sous protection policière, présente jusque dans la salle du conseil municipal.
Le narcobanditisme a coûté la vie à 17 personnes en 2025 à Marseille, selon les autorités, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes années.
Après un funeste record de 49 morts en 2023, les violences en 2024 liées à la guerre des gangs pour le contrôle des points de deal avaient coûté la vie à 24 personnes dans les Bouches-du-Rhône.
Par Juliette VILROBE / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP