Que pensent les enseignants du mouvement de colère lycéen actuel, qui s'embrase un peu partout à travers la France ? Sont-ils inquiets ?
Mouvement lycéen : distinguer revendications et récupération
"Cela nous inquiète car les violences semblent hors de contrôle dans certains endroits, explique Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale de SE-UNSA, au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. Les personnels et de nombreux élèves sont mis en danger. Après, il va falloir entendre ces revendications, qui sont tout-à-fait légitimes."
"Elles sont pour une grande partie partagée par les personnels de l’Éducation Nationale." En même temps, ce mouvement semble échapper à ceux qui l’ont initié. "De toutes façons, chaque fois que l’on a des mobilisations et des mouvements sociaux, il faut faire la distinction entre les revendications légitimes initiales de la part d’un grand nombre de lycéens, qu’il faut pouvoir entendre, et les récupérations, qui plus est en année de campagne présidentielle. Mais aussi les violences urbaines qui viennent s’y greffer très régulièrement."
💥 @EAM_seunsa : "Ça nous inquiète grandement. On a franchi une ligne rouge"
🗣️ Proviseurs molestés, professeurs agressés... Le personnel enseignant entre colère et soutien au mouvement lycéen #GrandMatin
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— Sud Radio (@SudRadio) October 2, 2026
"C'est notre lieu de travail"
Certains enseignants ont été frappés, menacés, pris à partie. "Cela nous inquiète beaucoup, confie Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale de SE-UNSA, sur l’antenne de Sud Radio. Les personnels sont là pour protéger les jeunes. Ils interviennent en général pour les protéger ou protéger les locaux des établissements. C’est notre lieu de travail. Après, parfois, ce ne sont pas nos élèves. Ce peut être des intrusions extérieures aussi."
"Il faut que le gouvernement réponde très rapidement, ouvre des espaces d’écoute pour que la colère puisse baisser. Il faudra aussi faire la distinction avec d’autres personnes qui ne sont pas des lycéens." Que dirait-elle au ministre de l’Éducation ? "On échange régulièrement avec lui. C’est davantage à Emmanuel Macron qu’il faudrait s’adresser, mais c’est un peu tard. Sa politique s’est complètement désengagée des services publics d’éducation. Il n’a absolument investi dans la jeunesse, et encore moins dans la santé mentale de nos jeunes, alors que tous les rapports montrent à quel point elle s’est dégradée."
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