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Violences dans les lycées : le mouvement de blocage s'intensifie en France

Proviseurs agressés, dégradations, incendies... Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.

Des manifestants font face à la police au milieu des gaz lacrymogènes devant un lycée en France.
ROMAIN PERROCHEAU - AFP

Proviseurs agressés, dégradations, incendies... Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.

Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'Éducation nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.

En tout, 900 actions ont été dénombrées devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, et les forces de l'ordre ont procédé à près de 2.000 interpellations, selon les autorités. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".

Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là.

Ainsi le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés vendredi, dont les noms ont été énumérés dans l'arrêté. Dans tous les départements, la même consigne a été donnée, a-t-on ajouté au ministère de l'Intérieur.

Les services du Premier ministre ont estimé que le mouvement avait basculé vers des "violences urbaines" et affirmé que ce serait une "manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche".

Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a aussitôt appelé le gouvernement "à ne pas sombrer dans le complotisme".

- Proviseurs molestés -

Dans de nombreuses villes, des poubelles ont été renversées sur la chaussée, des feux allumés devant ou dans les établissements, des projectiles lancés, des abribus brisés et des mortiers d'artifice et gaz lacrymogènes tirés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Plusieurs proviseurs ont été agressés ou molestés, comme en Normandie, à Clermont-Ferrand ou dans le Pas-de-Calais.

Des lycéens bloquent le lycée Saint-Charles à Marseille, le 1er octobre 2026

Des lycéens bloquent le lycée Saint-Charles à Marseille, le 1er octobre 2026

Miguel MEDINA - AFP

A Marseille, des membres de la direction du lycée Victor Hugo ont été agressés et des pompiers pris à partie lors d'une intervention sur un feu devant le lycée Saint-Exupéry. Devant ce même lycée, un journaliste de M6 a été agressé et sa caméra cassée, a indiqué le groupe.

Une quarantaine de lycées des Bouches-du-Rhône assureront leurs cours en distanciel vendredi.

A Perpignan, où six lycées ont été bloqués, une jeune fille a été blessée durant une manifestation par un projectile venant de la foule, selon la police. Dans la Marne, 13 policiers nationaux ont été légèrement blessés, selon la préfecture.

A Paris, un policier municipal a été blessé par des jeunes qui s'en sont pris à son véhicule, a déploré le maire PS Emmanuel Grégoire.

Selon la préfecture de police de Paris, une jeune policière qui s’était arrêtée pour récupérer une radio de police tombée au sol a été rattrapée par plusieurs personnes la menaçant de mort. Elle aurait reçu plusieurs coups de pieds. Les faits ont été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux. "Les actes sont innommables et le préfet de police assure" la policière de "son plein soutien", selon la préfecture. Elle a déposé plainte.

Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a parlé de 235 blessés "côté Education nationale", "65 personnels", ce qui n'est "jamais arrivé", et "160 élèves".

Face aux violences, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a indiqué sur X avoir reçu en visioconférence les 36 procureurs généraux pour "leur demander une grande fermeté dans la réponse pénale envers les auteurs de ces faits inadmissibles".

"On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui (...) n'investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs", a expliqué à l'AFP Maëlle, lycéenne caennaise de 16 ans.

"Les jeunes doivent foutre la merde pour qu’on les entende, on n'a pas d’autre manière", a estimé de son côté Lola, élève de seconde, devant un lycée rennais bloqué.

Les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi.

Dans l'enseignement supérieur, une "quarantaine de sites" ont connu "quelques blocages, quelques dégradations" jeudi, selon son ministre de tutelle Philippe Baptiste.

Des collégiens ont aussi rejoint le mouvement.

Le ministre de l'Education recevra vendredi syndicats de l'éducation et associations lycéennes -dont l'Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation- et de parents d'élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne.

- "Ligne rouge" -

Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de renoncer à leurs déplacements dans les prochains jours pour que les préfets puissent se concentrer sur la gestion du mouvement. Il avait dénoncé dès lundi sur le réseau X une "surenchère irresponsable" d'élus LFI qui avaient appelé à "étendre" le mouvement de blocage des lycées.

Un manifestant devant une barricade en feu pendant la mobilisation lycéenne devant le lycée Le Corbusier à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le 1er octobre 2026

Un manifestant devant une barricade en feu pendant la mobilisation lycéenne devant le lycée Le Corbusier à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le 1er octobre 2026

LOU BENOIST - AFP

Le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon avait aussitôt répliqué en l’accusant d'avoir "ordonné la répression" du mouvement "avec un arrière-goût raciste évident".

Les politiques ont multiplié les réactions face à la gestion du mouvement : le patron du PS Olivier Faure a fustigé "l'irresponsabilité du gouvernement" tandis que Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, a appelé à faire interdire LFI.

Trois enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des polices, après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements.

Des manifestants font face à la police au milieu des gaz lacrymogènes devant le lycée Kléber à Strasbourg, le 1er octobre 2026

Des manifestants font face à la police au milieu des gaz lacrymogènes devant le lycée Kléber à Strasbourg, le 1er octobre 2026

ROMEO BOETZLE - AFP

Pendant que les lycéens se mobilisaient, le gouvernement a présenté son projet de budget 2027, prévoyant notamment de faire payer des frais d'inscription pour les étudiants en BTS et en classes préparatoires non boursiers.

Une "provocation", pour la gauche et plusieurs syndicats. Dans la soirée, le ministre de l'Education a finalement annoncé que le gouvernement retirait la mesure.

Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 6 octobre, avec une très forte mobilisation attendue par les autorités.

bur-jpa-cra-cal-ic-sm/ito/cbn

Par Julia PAVESI, Céline AGNIEL et les bureaux de l'AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#France #Education #Protests #Violence #Students

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