Métro parisien paralysé vendredi: "Je suis rentré à la RATP pour la retraite, pas pour autre chose. Faut voir nos horaires !"

10 lignes du métro parisien fermées, les RER paralysés et seulement un bus sur trois: la RATP se prépare à une grève d’ampleur ce vendredi. Du jamais vu depuis plus de 10 ans. Une grève qui porte sur la réforme des retraites et qui divise, même au sein de l’entreprise. C’est en tout cas le principal sujet de discussion autour des dépôts de la RATP.

Le métro de Paris. (JOEL SAGET / AFP)

Reportage Sud Radio d’Alexandre de Moussac

 

David a 13 ans de régie, c’est comme ça qu’on dit à la RATP. Vendredi, il sera en grève, mais part déjà défaitiste: "Si on regarde le mouvement des gilets jaunes, ça fait combien de temps qu'ils font quelque-chose? Est-ce que l'Etat a actionné quoi que ça soit? On va marquer le coup en disant qu'on n'est pas d'accord mais je pense que l'Etat a décidé... On a tous des crédits sur la tête, c'est pas possible. On fait une journée, mais trop longtemps ça serait pas possible".

Ne dîtes pas ça à Franck, il est chauffeur depuis près de 20 ans. Ce syndicaliste veut se mobiliser pour sauver sa retraite. "Je suis rentré à la régie pour la retraite, pas pour autre-chose. Faut regarder les horaires qu'on a, à quelle heure on rentre, à quelle heure on mange...  On travaille le matin, on revient l'après-midi, parfois le soir..."

Karim sera au volant de son bus de la ligne 22 vendredi. Hors de question de faire grève, et pour une bonne raison: "Une journée, ça sert strictement à rien. Il faut faire grève un mois ou rien. La RATP a ce qu'il faut pour tenir tranquille une semaine, ou même un mois". Un mois, on en est loin. La dernière grève d’envergure n’avait pas tenu plus de 10 jours.