"Même lorsque toutes les organisations syndicales sont ensemble, que les grèves sont longues, il n'y a plus de résultats"

Les syndicats CGT, SU, FO, FSU, Solidaires et UNEF appellent à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle jeudi 20 février : c’est la dixième journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites, dont l’examen à l'Assemblée vient de débuter. La CGT a quitté la Conférence de financement organisée par le gouvernement, dénonçant un compromis impossible. Mais les grèves ont-elles encore de l’impact ? Grace Leplat de Sud Radio a enquêté.

Le jeudi 20 février marque la dixième journée de mobilisation interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites. © AFP

 

"Ce sont les gens les plus modestes qui sont gênés par les grèves"

Bénévole dans un hôpital, Ariane ne peut s’y rendre quand il y a des grèves. "Finalement souvent, ce sont les gens les plus modestes qui sont gênés par les grèves déplore-t-elle au micro de Grace Leplat de Sud Radio. C'est contre-productif. On peut manifester son mécontentement, ne pas être d'accord avec ce qui va être institué, mais la grève, dans la mesure où ça pénalise des tas de gens, ce n'est pas bien !" estime-t-elle.

Pourtant, la France est le pays de la grève. Entre 2010 et 2017, il est même le deuxième pays au monde qui a le plus fait grève. Pour Christian Grolier secrétaire général FO des fonctionnaires, "on a le sentiment que les dés sont pipés ! La Conférence [de financement de la réforme] est régie par un article du projet de loi qui précise déjà qu'on ne peut pas discuter d'augmenter les cotisations. En gros on ne trouve pas d'accord avec le patronat et au final, c'est le gouvernement qui décide".

 

 

"Même lorsque toutes les organisations syndicales sont ensemble, que les grèves sont longues, il n'y a plus de résultats"

"On ne fait pas la grève que pour nous ! On la fait pour les générations futures explique Christian Grolier. La mobilisation est longue reconnaît-il, mais on se rend compte que peu à peu, y compris dans le débat parlementaire, le projet de loi se modifie. On préférerait négocier précise-t-il, mais pour négocier il faut être deux. Et quand on a un gouvernement qui ne veut pas négocier, c'est forcément le rapport de forces".

Un rapport de force que peinent à instaurer les syndicats selon Jean-François Amadieu, sociologue spécialiste des relations sociales. "Ce n'est pas avec des journées isolées qu'on obtient quoi que ce soit dénonce-t-il. C'est une façon pour les organisations syndicales de donner à penser qu'on n'a pas abandonné complètement. Mais en réalité ça ne trompe personne : même lorsque toutes les organisations syndicales sont ensemble, que les grèves sont longues, il n'y a plus de résultats" souligne-t-il.

Plus de 100.000 manifestants sont attendus dans toute la France pour ce dixième jour de mobilisation.

 

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