Marie Gillain : "Depuis qu’on est petite, on a la peur au ventre après une certaine heure"

L'actrice Marie Gillain, dans les studios de Sud Radio

Invité du 10h-12h de Sud Radio ce mercredi, l’actrice belge Marie Gillain a réagi à la tribune publiée par certaines femmes cette semaine pour une "liberté d’importuner" pour les hommes en plein débat mondial sur le harcèlement sexuel.

L'affaire Weinstein n’en finit plus de faire des remous dans le monde du cinéma mais également dans la société tout entière. En France, en réaction à la vague d’émotions et parfois de dénonciations de faits de harcèlement sexuel qui a suivi cet événement, plusieurs femmes, dont l’actrice Catherine Deneuve ou l’animatrice Brigitte Lahaie (à l’antenne tous les jours sur Sud Radio), ont publié ce mercredi une tribune dans le journal Le Monde pour réclamer une "liberté d’importuner" pour les hommes. Invitée du 10h-12h de Sud Radio au micro de Valérie Expert, l’actrice belge Marie Gillain a été invitée à se positionner sur ce débat. Pour la comédienne, le combat contre le harcèlement reste vital mais les dérives sont inquiétantes.

"Je me méfie un peu des extrêmes. Toutes ces femmes qui ont pris la parole, qui l’ont libérée et qui sont en train de punir ces hommes de ce qu’ils ont fait – et il faut beaucoup de courage pour l’avoir fait –, toute cette bataille contre la durée de prescription, pour moi c’est essentiel car on n’a pas forcément les clés, les outils, le courage. C’est un combat extrêmement important. Maintenant, ce qui me gêne ce sont les débordements, et dans tout moment brûlant il y en a. Avec #BalanceTonPorc, tous ces mecs qui se font virer avant même d’avoir été condamnés par la justice se font finalement davantage condamner par les médias. Je crois quand même à la présomption d’innocence", déclare-t-elle.

"J’ai eu des castings qui auraient pu mal tourner"

"Il est important de mener le combat contre quelqu’un qui harcèle et qui est agressif au travail. Dans notre histoire de femme, depuis qu’on est petite on a quand même la peur au ventre quand on se balade dans la rue passée une certaine heure. Ça ne veut pas dire que tous les hommes sont des prédateurs, mais en tant que femme on sensibilise quand même nos enfants à faire attention, à ne pas faire telle ou telle chose. De là à se dire que les hommes vont être totalement en état de panique et n’auront même plus le droit de regarder une fille dans la rue ou de la draguer, je trouve ça grave…", ajoute-t-elle.

Présente dans le monde du show-business depuis plus de 20 ans, la comédienne de 42 ans confie par ailleurs s’être retrouvée elle aussi dans des situations peu enviables, sans toutefois subir de vrais traumatismes. "J’ai eu des castings qui auraient pu mal tourner, mais heureusement pour moi j’étais suffisamment armée, peut-être bien entourée, et j’ai tout de suite senti qu’il fallait que je m’en aille. Ça m’est arrivé, mais pas de façon dramatique", indique-t-elle.

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