Manque de moyens dans la police : "On ne peut plus continuer comme ça !"

Photo d'illustration

À Lons-le-Saunier, dans le Jura, les 20 000 habitants doivent se passer de brigade anti-criminalité à partir de 2h du matin la semaine, mais également pendant le week-end, en raison d'effectifs insuffisants. Un manque de moyens que dénoncent, à nouveau, les syndicats policiers.

Longtemps dénoncé par les syndicats, le manque de moyens dans la police nationale commence à devenir intenable. C'est le cri d'alarme poussé par les syndicats, en écho à la situation du commissariat de Lons-Le-Saunier, dans le Jura.

Les 20 000 habitants de la ville doivent désormais se passer de la brigade anti-criminalité, à partir de 2h du matin en semaine, ainsi que le week-end. Une protection des citoyens amputée à cause d'effectifs nettement insuffisants.

Au quotidien, on est obligé de dire aux gens qu'on n'est pas capable de répondre à leurs demandes

Pour les policiers, il y a urgence, comme l'explique Frédéric Paillard, policier du syndicat Alliance dans ce commissariat : "Au quotidien, c'est vrai qu'on est obligé de dire aux gens qu'on n'est pas capable de répondre, à l'instant T, à leurs demandes. Malheureusement, on est vraiment obligé de prioriser les interventions puisqu'on n'a pas les ressources pour permettre de garantir le service opérationnel. Ça donne un peu un sentiment d'abandon à la population."

Il dénonce les promesses en l'air des politiques, alors que les renforts n'arrivent pas. "Quelque part, c'est un peu scandaleux, parce qu'on fait mine de donner des moyens aux collègues, on fait mine de donner des moyens à la police et, en fait, au final, c'est un peu de la poudre aux yeux", regrette-t-il.

Cette situation dure depuis trop longtemps et on ne peut plus continuer comme ça

La situation de Lons-le-Saunier est pourtant loin d'être unique. Pour Claude Carillo, du syndicat Alliance lui aussi, ce manque de moyens est généralisé et il est temps d'y mettre fin : "On est au XXIe siècle ! Les moyens pour faire face à la délinquance, qui est de plus en plus violente, il faut nous les donner. Mes collègues ne peuvent pas poser leurs congés, il ne peuvent pas faire de formation continue pour être mieux formés et mieux appréhender les délinquants sur le terrain. Et ça implique tout un tas de choses très graves. Cette situation dure depuis trop longtemps et on ne peut plus continuer comme ça !"

Propos recueillis par Juliette de Noyelle pour Sud Radio

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio