Manifestation pour Sarah Halimi: "On va continuer à se battre"

Ils étaient des milliers à se rendre ce dimanche sur la place du Trocadéro à Paris pour assister au rassemblement en soutien à Sarah Halimi. La Cour de cassation a confirmé le 14 avril dernier que l'auteur du meurtre de la sexagénaire juive en 2017 à Paris était irresponsable pénalement. Le meurtrier est depuis hospitalisé en psychiatrie. Une décision qui ne passe pas.

La manifestation réclamant justice pour Sarah Halimi place du Trocadéro. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Reportage Sud Radio d'Esteban Raña

 

"C'est incompréhensible. J'espère que la loi va changer", lancent les manifestants. "On ne se laissera plus faire. Il n'est pas possible de tuer comme ça des juifs en France, sans même avoir un procès. Pour ne plus que ça recommence, qu'il y ait un changement de la loi, et pourquoi pas une révision du procès." L’irresponsabilité pénale prévoit qu’une personne atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli le contrôle de ses actes n’est pas responsable. Le Grand Rabbin de France , Haïm Korsia demande une modification de la loi. "Qu'il y ait une justice ! Une justice dans laquelle nous puissions avoir confiance. Il faut qu'elle soit rendue, et qu'elle soit compréhensible et acceptable." Pour William Attal, le frère de Sarah Halimi, le combat continue:

"L'espoir est revenu. Prochaine étape: récupérer le maximum de témoignages. Nous avons déjà deux, peut-être trois nouveaux témoins. Les témoins acceptent de dévoiler la vérité. On va continuer à se battre." - William Attal, frère de Sarah Halimi

 

À la suite de ce rassemblement, le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a annoncé un projet de loi sur l’irresponsabilité pénale qui vise à combler ce qu'il qualifie de vide juridique.

(GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Christophe Castaner: "Faire en sorte qu'on ne puisse pas causer sa propre irresponsabilité"

Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Christophe Castaner, assure qu’il va y avoir une modification de la loi:

"Le président de la République, dés lundi, a annoncé son intention de faire en sorte que nous puissions changer la loi. Le Garde des sceaux y a travaillé cette semaine. J'ai échangé encore avec lui, et j'aurais l'occasion de dire notre calendrier et notre ambition. Sans remettre en cause l'irresponsabilité - entre guillemet - des 'fous" qui ne doivent pas être jugés mais doivent être soignés... Mais faire en sorte qu'on ne puisse pas causer sa propre irresponsabilité par l'usage de produits stupéfiants. Ce qui s'est passé dans cette décision, qui donne ce sentiment d'injustice profonde à celles et ceux qui sont là. Nous allons le corriger."

(GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)