Ludovic Rivière : "Des enfants français qui sont victimes et qui doivent être traités comme des victimes"

Ludovic Rivière, avocat, était l’invité de Jean-Marie Bordry vendredi 26 juin sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Ludovic Rivière invité de Jean-Marie Bordry dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Ludovic Rivière est avocat au barreau de Toulouse et défend les intérêts de trois des enfants revenus de Syrie, lundi 22 juin au matin. Il donne de leurs nouvelles et explique ce qui adviendra pour ces enfants privés de leurs parents restés en territoire de Daech.

Rapatriés sans leur mère

"À notre connaissance, ils vont bien", rassure d'entrée Ludovic Rivière. Leur retour en France ne s'est pas fait de manière brutal, "ils ont été préparés", assure-t-il. "Leur mère a accepté de se séparer d'eux dans leur intérêt", explique l'avocat toulousain. Une mère qui est restée en Syrie, les autorités françaises ne lui ont pas permis de rentrer avec ses enfants. "Ils vont être évalués", indique-t-il.

Les trois enfants qui ont atterri lundi à 4 heures du matin en région parisienne sont âgés de 2 à 7 ans. "Il y a une petite fille de 7 ans, qui est la sœur jumelle de Tenia, rentrée en avril dernier", explique Ludovic Rivière. Avec elle, deux garçons, "l'un âgé de 6 ans et un autre de 2 ans". Pour donner une idée, "la plus âgée est partie de France à l'âge de 1 an et demi", précise l'avocat.

"Des enfants français"

"Ce sont d'abord des enfants français", insiste maître Rivière. "Leur situation doit être appréhendée de façon distincte de celle de leurs parents", estime-t-il, réfutant que le qualificatif "d'enfant djihadiste", pouvant "jeter l'opprobre sur ces enfants". L'avocat rappelle "qu'à un an et demi on ne fait pas le choix de partir en Syrie". Ludovic Rivière préfère alors les appeler "des enfants français qui sont victimes et qui doivent être traités comme des victimes". 

Pour sa part, la mère de ces trois enfants est toujours dans le camp d'Al Hol en Syrie. "Elle a demandé à rentrer en France avec ses parents, mais les autorités françaises n'ont pas souhaité la rapatrier", explique Ludovic Rivière. "N'ayant pas le choix, elle a accepté que ses enfants soient confiés", précise-t-il, avant qu'un juge d'instruction ne décide de leur avenir. "Tous ces enfants en Syrie méritent un rapatriement", estime l'avocat qui rapporte "qu'entre 250 et 300 enfants français sont encore en Syrie". À l'heure actuelle, seuls 28 ont été rapatriés.

 

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