Les violences conjugales, fléau encore répandu en 2019

Illustration du livre "J'ai tenu bon" (éditions Vie) de Louise Sevres

La vidéo a choqué de nombreux internautes ces derniers jours: le son de la voix d’une femme qui hurle, dans une cage d'escalier. Battue par son conjoint, alors même que la police venait d'intervenir. Malgré les campagnes de prévention, les chiffres restent alarmants. Chaque année en France, plus de cent femmes sont tuées par leur conjoint, leur mari ou leur ex-compagnon. Une tendance qui ne semble pas s’inverser en 2019: depuis le début de l’année, vingt femmes ont déjà été tuées. Soit une femme tuée tous les deux jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, contre tous les trois jours en 2018. Louise Sevres, victime pendant plusieurs années de violences conjugales, a décidé de partager son histoire et d’aider les autres femmes, avec son livre "J'ai tenu bon" aux éditions Vie.

Pendant près de neuf ans, Louise Sevres a été victime des violences quasi-quotidiennes de son conjoint.

"Des coups de poing dans le ventre, de gifles, la gorge serrée, il me jetait sur le lit. Et un jour j'ai porté plainte, parce qu'il m'a menacé avec un couteau, alors que j'avais notre enfant dans les bras."

Pourtant, malgré les coups, elle n'a pendant longtemps pas réussi à le quitter définitivement. Elle évoque maintenant une emprise psychologique:

"Il me disait qu'il était mal dans sa peau, qu'il était malheureux. Il a tout fait pour que je joue les infirmières. Il y avait un système d'emprise, je voulais le sauver, je me disait: l'amour est plus fort que tout, je peux y arriver. Si je l'aime et qu'il m'aime, ça va s'arrêter."

Pour la psychologue Carole Damiani, cette emprise psychologique est très courante, et se met en place de manière insidieuse dans la relation:

"ça peut être une claque, une première pression psychologique, et on y va par test. S'il n'y a pas trop de réaction, on passe à l'étape suivante, de manière progressive. Elles perdent leur libre-arbitre".

Aujourd'hui Louise Sevres s'est libéré de cette emprise et a écrit un livre, intitulé "J'ai tenu bon" (éditions Vie), en espérant que son témoignage puisse aider d'autres femmes.

Reportage Sud Radio de Martin Juret.

Les rubriques Sudradio