"Les punaises de lit ont des effets dévastateurs : c'est un problème de santé publique"

Sujet tabou ou manque de sensibilisation du grand public, les punaises de lit créent de véritables traumatismes psychologiques, en plus du désastre sanitaire qu'elles induisent. Une députée LREM a réussi à faire entendre sa voix auprès de la ministre du Logement, elle témoigne pour Sud Radio, au micro de Clément Bargain.

Quasi-invisibles à l'œil nu, les punaises de lit sont à l'origine de 70 000 consultations de médecine générale cette année. (Photo de Jewel Samad / AFP)

Propos recueillis par Clément Bargain pour Sud Radio.


Les punaises de lit, de taille aussi infime soient-elles (de 4 à 7 mm), sont un véritable fléau. Le nombre d'interventions de professionnels contre des locaux infestés par ces nuisibles serait passé de 200 000 en 2017 à 540 000 en 2019, selon la Chambre syndicale des industries de désinfection, désinsectisation et dératisation. Seulement, s’en débarrasser peut coûter très cher et les punaises de lit peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale des personnes touchées. Un phénomène qui prend de l’ampleur à tel point que les parlementaires s’en sont saisis, à l'image de la députée LREM, Cathy Racon-Bouzon. L'élue des Bouches-du-Rhône a remis un rapport à la ministre du Logement Emmanuelle Wargon, demandant à ce que les punaises de lit soient considérées comme un "problème de santé publique",
notamment pour aider les foyers les plus modestes à s’en débarrasser…

"Aujourd'hui, il n'y a pas de transmission infectieuse de la punaise à l'homme ce qui fait que ce n'est pas reconnu comme un problème de santé publique. Néanmoins, ça a vraiment des effets désastreux sur les personnes concernées : des troubles du sommeil, une anxiété, un isolement social des victimes qui se trouvent complètement livrées à elles-mêmes. On a même pu observer chez certaines personnes, des symptômes d'un syndrome post-traumatique plusieurs années après l'infection. Donc en termes de troubles psychologiques voire psychiatriques, ça a un effet dévastateur qui nécessiterait de le reconnaître comme un problème de santé publique."

Comme attendu, la ministre du Logement s'est saisie du sujet et a même pris la pose aux côtés de Cathy Racon-Bouzon, à l'origine d'un rapport édifiant.