Les postiers bordelais en grève pour protester contre des "cadences intenables"

Photo d'illustration ©LOIC VENANCE - AFP

Un quart des facteurs de Bordeaux étaient en grève ce lundi. Ils protestent contre une politique du chiffre toujours plus importante à La Poste et alertent contre un service public "menacé".

Les postiers girondins sont en colère. Pour Jean-François, c’est le métier de facteur qui est menacé : "En enlevant les postes aux titulaires de tournées, en mettant des intérimaires à la place de tout le monde, lentement, les gens sont remplacés. Il n’y aura plus de facteurs, mais des distributeurs, des gens qui vont passer en courant dans les rues pour distribuer le courrier. C’est la fin des facteurs, donc c’est le baroud d’honneur."

Avec la réorganisation du service courrier, les facteurs vont devoir s’adapter à de nouvelles tâches et à de nouveaux horaires. Et Patrick craint de ne plus avoir de contact avec les usagers : "Pour aller de boîte à boîte, ce sera 5 à 6 secondes. On n’aura donc même plus le temps de dire bonjour, parce que La Poste nous impose déjà et va nous imposer encore plus des cadences intenables. Tous les facteurs sont révoltés et n’en veulent pas."

La Poste dit vouloir faire face à la baisse du trafic courrier, mais pour les syndicats, c’est le service public qui sera dégradé. Xavier Dauga est délégué Sud-PTT : "C’est une décision de La Poste de faire des bénéfices à outrance. L’usager, s’il savait ce qu’on est en train de lui préparer… On est en train de lui préparer qu’il n’aura du courrier que tous les trois jours. Si vous êtes C, vous aurez du courrier tous les jours. Si vous êtes A ou B, vous l’aurez quand on pourra."

Pour lui, "les facteurs sont attaqués sérieusement sur leurs conditions de travail" : "76 000 facteurs en France coûtent trop cher. Dans un premier temps, on va les faire distribuer tout le temps. Et quand, petit à petit, on aura diminué les effectifs, on mettra de la sous-traitance. Ce n’est pas de la fiction. C’est déjà le cas sur tout Bordeaux pour la distribution des colis. Bientôt, notre cher facteur qu’on est tellement content de voir, parce qu’on le connaît, ce sera un sous-traitant. Je pense que, pour la qualité du service, ce n’est pas gagné."

Propos recueillis par Christophe Bernard pour Sud Radio

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