L'édito politique de Thierry Guerrier : "Avec les Régionales, le RN se sera banalisé, inscrit encore un peu plus dans notre paysage politique"

Dans son édito politique ce matin, Thierry Guerrier évoque les enjeux des élections régionales et départementales de dimanche prochain.

Dans son édito politique ce matin, Thierry Guerrier évoque les enjeux des élections régionales et départementales de dimanche prochain.

"Nous retournons aux urnes, ces dimanche 20 et 27 juin, pour les 2 tours de scrutin de ces élections. Elles sont très importantes puisqu’elles détermineront notamment les majorités qui gouverneront nos régions, pour les 6 ans à venir.

Les régions construisent et entretiennent les lycées, elles financent et gèrent les transports publics, les trains, les TER, elles participent à la préservation du patrimoine et elles concourent au dynamisme économique régional.

Donc, voter pour celles et ceux qui présideront aux destinées de nos régions c’est crucial. Or (notamment à cause du covid), le premier enjeu de ces élections c’est la participation ! Les abstentionnistes seront-il le premier parti de France, encore, dimanche soir, comme aux dernières municipales ? C’est la 1ère question ?"

Mais parlons "rapports de force". Le 1er résultat qu’on va observer c’est surtout le score du "rassemblement national" ?

"Tous les sondages l’indiquent : on s’attend à un carton du RN. Le vrai-faux rapprochement du LR Renaud Muselier avec "La République En Marche" a boosté les intentions de vote pour Thierry Mariani, qui mène la liste RN en PACA. Il a des chances de l’emporter. Et c’est une vague nationale pro-RN qui est attendue, au point que plusieurs régions pourraient basculer : le Centre Val-de-Loire, et surtout la Bretagne sont souvent citées. Le rn va-t-il vers un succès ou vers un triomphe ? En tout cas, avec ces élections il se sera banalisé, inscrit encore un peu plus dans notre paysage politique".

 Aux dépends des Républicains ?

"Les LR, eux, ne savent plus où donner de la tête, tiraillés entre un Renaud Muselier qui succombe aux sirènes d’Emmanuel Macron, et un Guillaume Peltier qui veut se rapprocher du RN. La maison brûle chez Les Républicains dont le parti pourrait même exploser après ces élections, à la faveur de la campagne présidentielle qui va démarrer à l’automne et les sondages soulignent un paradoxe cruel pour LR. Comme le montre l’enquête Ifop-Fiducial publiée hier, ce sont les personnalités qui ont quitté le parti, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui ont le plus de chance de conserver la présidence de leur région !"

Un mot de la gauche ?

"La gauche, plus divisée que jamais, sans idée sinon courir derrière celle des verts, les plus en forme, de ce côté là en ce moment. Le PS, par exemple, s’y raccroche désespérément. La gauche qui doit, elle aussi, s’interroger sur sa survie, notamment si dans son bastion historique, les Hauts-de-France, elle ne dépasse pas les 20% toute mouillée. alors que là, elle y est unie"

Et LaREM, le parti du président, pour finir ?

"La République en Marche risque la déroute. Aucune de ses listes ne perce vraiment. Ces régionales risquent de confirmer son incapacité à s’implanter localement. Et puis le président risque une mauvaise surprise : si Xavier Bertrand, dans les Hauts-de-France, réussi son pari, alors ce n’est plus à un duel Macron/Le Pen auquel nous allons assister en vue de 2022, mais à une triangulaire Macron/Le Pen/Bertrand.