Le vin est-il un alcool différent des autres comme l'affirme le ministre de l’Agriculture ?

Nicolas Simon, professeur de médecine et addictologue à l’APHM (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille), et président de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie), était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 17 janvier animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il réagit aux propos du ministre de l'Agriculture pour qui le vin "n'est pas un alcool comme les autres".

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Le ministre en décalage avec la réalité ?

Nicolas Simon, professeur de médecine et addictologue à l’APHM (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille), et président de l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie), revient sur la phrase du ministre de l'Agriculture, qui a déclaré le 16 janvier que le vin n'est "pas un alcool comme les autres. Je n'ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côte du Rhône, du Crozes-HErmitage, du Bordeaux ou du Costières-de-Nîmes". Pour Nicolas Simon, il serait bon que le ministre s'informe : "Une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies sort chaque année et concerne les jeunes de 17 ans : quand ils boivent de l'alcool, les jeunes prennent du vin (18%) et du champagne (25%)."

Par ses mots, le ministre a-t-il voulu protéger les propriétaires des domaines viticoles et pointer du doigt plutôt les alcools forts ? On connaît les fameux bench drinking du week-end où l'alcool fort a la priorité, "oui mais même lors de ces soirées très arrosées, le vin et le champagne font partie des habitudes" tempère Nicolas Simon. "Il serait bon que le ministre ne soit pas en désaccord avec le plan anti-addictions de son propre gouvernement."

La dépendance à l'alcool en France

En France, trois millions de personnes sont dépendantes de l'alcool et le vin représente 60% de ces cas. Le vin est-il vraiment mauvais pour la santé ? "La toute dernière étude en la matière date de juillet 2018. Elle montre que tous les alcools se valent, mais qu'en plus qu'il n'y a aucun bénéfice à boire de l'alcool. Tout dépend bien sûr de la quantité d'alcool ingérée quotidiennement : quantité faible, risque faible."

Il y a des intérêts financiers derrière les discours qui affirment que le vin aurait des bénéfices sur la santé, "mais ce sont des fake news et l'entendre de la part d'un ministre de l'Agriculture, qui avait déclaré il y a quelque temps que les lobbies n'entreraient pas dans son ministère, c'est curieux." termine Nicolas Simon. 

 

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