Le regard libre d'Élisabeth Lévy sur la gratuité des protections périodiques pour les étudiantes - "Où doit s’arrêter l’assistanat ?"

Élisabeth Lévy revient sur l'annonce de Frédérique Vidal sur la gratuité des protections hygiéniques pour les étudiantes dès la rentrée 2021. 

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Élisabeth Lévy revient sur l'annonce de Frédérique Vidal sur la gratuité des protections hygiéniques pour les étudiantes dès la rentrée 2021. 

Je ne sais pas si on a sommé la ministre de la Recherche de changer de sujet, mais de l’islamo-gauchisme à ce que la langue populaire appelle les ragnagnas, et la langue victimaire la précarité menstruelle, c'est un sacré grand écart. C'est une mesure saluée comme une avancée par les associations qui en avaient fait une croisade. Ou plutôt comme un coupable retard enfin comblé. 

Allez-vous trouver le moyen de la critiquer ? 

Oui à plus d’un titre. C'est encore une perle enfilée sur le collier de la victimisation. Les règles feraient partie des injustices faites aux femmes. Parlerait-on de précarité pileuse pour les hommes qui sont bien obligés de se raser ? Toute différence, y compris biologique, devient une discrimination. Il ne reste plus qu’à faire le procès de Dame nature. 

Où doit s’arrêter l’assistanat ? Vérifications faites, ça coûte moins de 4 euros par mois donc 50/an. Pourquoi ne pas payer les chaussures, indispensables à l’existence ou les rasoirs des garçons et leur mousse à raser ?

Mais avec le COVID le problème de la précarité étudiante est aigu. 

Eh bien, si notre système d’allocations, pourtant généreux, est insuffisant, peut-être faut-il instaurer une aide d’urgence. Mais de grâce qu’on nous épargne de savoir si elle sera convertie en nouilles, bières ou protections hygiéniques. Les fonctions naturelles n’ont rien de honteux mais elles n’ont pas non plus à être un sujet de pride permanente. Je ne veux pas plus entendre parler de règles que de main de X dans la culotte de Y. 

Il y a un courant du nouveau féminisme qui croit au contraire que parler de choses intimes en public est le nec plus ultra de la liberté, donc ne nous dissimule rien de ses flux et sécrétions. D’abord, qui n’a rien à cacher n’a rien à montrer. Surtout, un peu de pudeur, de quant-à-soi, est la condition du vivre-ensemble. Nous avons le droit de ne pas savoir ce qui se passe, dans le lit et dans la salle de bains de nos contemporains. Le corps est encore une affaire privée.