Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "L’indécence maximale, c’est d’affirmer que l’islamophobie tue"

Ce mercredi matin, Élisabeth Lévy revient sur la polémique des deux professeurs de Sciences Po Grenoble accusés d’islamophobie. 

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Ce mercredi matin, Élisabeth Lévy revient sur la polémique des deux professeurs de Sciences Po Grenoble accusés d’islamophobie. 

C’est le nouveau procès en sorcellerie. Et le bûcher est dressé par des étudiants et des professeurs. L'UNEF locale explique que ce sont "des propos que nous considérons islamophobes, racistes et réactionnaires ont été tenus par des enseignants. Et il est de notre devoir de les dénoncer".

Comme l’a drôlement résumé Mathias Ullman sur twitter "Le Commissariat du Peuple aux Affaires Universitaires tient à saluer l’excellent travail de ses cadres qui dénoncent les conduites déviantes de ces lâches professeurs visant à empêcher l‘heureux avènement de la dictature du prophètariat !"

En attendant, deux professeurs de plus sont placés sous protection policière. 

Il y a eu une large mobilisation en leur faveur….

En effet, le souvenir de Samuel Paty a peut-être mis un peu de plomb dans quelques têtes. Même l’UNEF proclame "son opposition à tout lynchage public et son attachement à la liberté d'expression".  Et les personnels de Sciences Po Grenoble ont fini par voter lundi une motion dénonçant les collages injurieux.  

N’empêche, le village universitaire résiste encore et toujours au réel: Le silence assourdissant des éminences qui pétitionnaient la semaine pour la liberté académique menacée par Frédérique Vidal. À Sciences Po Grenoble, les syndicats étudiants n’en démordent pas. Ils veulent des excuses publiques. Et bien sûr, la censure des propos qui pourraient en offenser certains. Le crime de l’un des deux profs est un cours sur l’islam et les musulmans en France où, selon un témoignage cité par l’US, "il n’a de cesse de rappeler les origines chrétiennes de la France", ce qui rend son cours "intellectuellement et moralement inacceptables". 

Il faut donc dénoncer sans relâche le chantage à l’islamophobie. 

Vous allez dire que ça n’existe pas ? 

Si ça existe et c’est autorisé. Contrairement au racisme ou à l’antisémitisme qui sont la haine de personnes ou de groupes, on a le droit de détester l’islam, le judaïsme ou le libéralisme. Des gens se sentent offensés : c’est la vie, particulièrement en France. 

L’indécence maximale, c’est d’affirmer que l’islamophobie tue. Chacun se rappelle en effet des attentats islamophobes du WTC, de Toulouse et de Charlie Hebdo. Non l’islamophobie ne tue pas. Et heureusement pour tous ces petits fascistes en herbe le ridicule non plus.