Le regard libre d'Elisabeth Lévy - La manifestation contre l'islamophobie

Notre éditorialiste Élisabeth Lévy revient sur la manifestation contre l'islamophobie prévue ce dimanche et qui divise au sein-même de la gauche.

Retrouvez la chronique quotidienne d'Élisabeth Lévy sur notre chaîne YouTube et en podcast sur sudradio.fr

 

La manifestation contre l’islamophobie de dimanche me met très en colère. 

On hésite même entre la tristesse et la colère. Qu’une grande partie de la gauche, Mélenchon en tête, s’apprête à défiler avec des islamistes et des ennemis de la République est un crève-cœur. Cinq ans et près de deux cents morts après l’assassinat des journalistes dessinateurs et employés de Charlie Hebdo, l’appel à la manif est une insulte à la mémoire des Charb, Cabu, Tignous, Wolinski et tous les autres. 

De Mélenchon à Plénel, de Rokhaya Diallo à Benoît Hamon, du sociologue Éric Fassin à Aude Lancelin, toutes les nuances de l’islamo-gauchisme seront là. Et en prime, le patron de la CGT, Philippe Martinez. Comme les compagnons de route du communisme hier, les islamo-gauchistes ferment les yeux sur les crimes commis au nom des opprimés. De toute façon, nous sommes coupables. De même que le 11 septembre était la faute des Américains, les attentats islamistes sont une réponse des dominés aux "dominants racistes, colonialistes" que nous sommes. 

Toute honte bue, les signataires dénoncent nos lois liberticides – on suppose qu’ils parlent de l’interdiction de la burqa, instrument de liberté ou de celle des signes religieux à l’école. Mélenchon, qui fut un républicain flamboyant, piétine l’idée-même de l’école laïque, autrefois vache sacrée de la gauche, abandonnée aujourd'hui à la droite et au RN. La gauche était le camp de l’émancipation. Elle est désormais celui de l’obscurantisme.

 

Mais après l’attentat de Bayonne, manifester contre le racisme anti-musulman  n’est pas scandaleux ?

L’attentat de Bayonne a été dénoncé par la France entière, MLP en tête. De même que la mère de famille de Besançon a été réconfortée par toute l’assistance. Ce que les signataires appellent racisme, c’est tout simplement le fait qu’il y ait débat sur certaines expressions de l’islam. Ils prennent les musulmans pour de grands enfants, il faudrait faire attention à ne pas les vexer en leur disant que certaines de leurs coutumes ne conviennent pas aux mœurs républicaines. 

Les enquêtes montrent que certains territoires ne sont plus français culturellement car sous l’emprise d’un islam rigoriste et séparatiste qui veut isoler ses adeptes du reste de la nation. Empêcher les enfants de manger avec leurs petits camarades et les femmes d’épouser des Français comme ils disent. Mais il y a aussi de très nombreux musulmans qui se battent contre le voile, contre l’enfermement des femmes et pour la République. Choisir les autres et laisser tomber ceux-là, c’est un crime. 

 

Cependant, une partie de la gauche s’est désolidarisée de l’initiative

Certains ont trouvé qu’ils étaient en mauvaise compagnie avec le CCIF entre autres. Ou encore le sympathique imam Nader Abou Anas qui explique tranquillement que les femmes ne peuvent sortir que sur permission de leur mari. On a dû le prier d’aller manifester ailleurs car il s’est retiré. Jadot, le patron d’EELV dont plusieurs élus seront là, a dit qu’il ne validait pas l’ensemble du texte. Lui et quelques autres auront piscine dimanche. Quant à Ruffin, entre les gaufres qu’il mangeait avec ses enfants quand il a signé et le foot auquel il joue le dimanche, il a botté en touche sans oser contester ouvertement le défilé. Seul le PS a annoncé en bonne et due forme qu’il ne se reconnaissait pas « dans ses mots d'ordre qui présentent les lois laïques comme 'liberticides' ni dans le terme d'"islamophobie".  On s’étonne presque de prononcer une telle phrase : oui, le Parti socialiste a sauvé l’honneur de la gauche.