Le regard libre d'Elisabeth Lévy - "Il y a des établissements scolaires où la loi de la République n'existe pas"

Retrouvez le Regard libre d'Elisabeth Lévy chaque matin, du lundi au vendredi, à 8h15 sur sudradio.fr La jeune Mila s’exprimait hier pour la première fois dans Quotidien. A visage découvert.  Elle l’a dit d’emblée. Je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas à me cacher.  Du reste, depuis le 20 janvier, la France entière […]

Le regard libre d'Elisabeth Lévy

Retrouvez le Regard libre d'Elisabeth Lévy chaque matin, du lundi au vendredi, à 8h15 sur sudradio.fr

La jeune Mila s’exprimait hier pour la première fois dans Quotidien. A visage découvert. 

Elle l’a dit d’emblée. Je n’ai rien fait de mal. Je n’ai pas à me cacher. 

Du reste, depuis le 20 janvier, la France entière connaît son prénom et son visage, même si on avait du mal à reconnaître l’instagrammeuse énervée dans la jeune fille à la fois timide et hardie qui a répondu à Yann Barthès. 

Le coup de sang sur vidéo qui l’a projetée dans la tourmente a aussi fait d’elle le symbole du droit au blasphème. On pouvait craindre qu’elle ne soit pas à la hauteur de ce symbole. On avait tort. Encore pleine d’enfance, Mila fait preuve d’une étonnante capacité de recul. 

Donc, elle ne regrette rien ? 

On dirait qu’elle a entendu Alain Finkielkraut. 

La seule chose que je regrette, c’est de l’avoir dit sur les réseaux sociaux, je n’avais pas mesuré l’ampleur que ça prendrait, je regrette aussi de l’avoir dit de manière aussi vulgaire. J’aurais pu argumenter…..
Barthès : Vous regrettez la vulgarité

Mila Je regrette la vulgarité c’est ça, 

Cependant, sur le fond, elle ne lâche rien. L’insulte à une religion ce n’est pas pareil que la haine des croyants. On aimerait que tous ses aînés aient son courage et son discernement. Les attaques de Ségolène et de Belloubet sont sidérantes. Deux femmes de gauche, ce n’est pas un hasard.

En tout cas, les pouvoirs publics se mobilisent. 

Après quelques couacs. Enquête contre elle abandonnée, Schiappa + Castaner + Blanquer se sont exprimés. Elle-même dit être très soutenue par l’EN. 

Cependant quelques raisons de tempérer votre optimisme. 

  • Les grandes proclamations se heurtent au réel. 

Mila toujours déscolarisée. 

j’étais pas en sécurité dans mon établissement. J’aurais pu être brûlée à l’acide, j’aurais pu être frappée, être déshabillée ou même être enterrée vivante. C’est allé vraiment loin. 

On ne peut pas garantir sa sécurité. Il y a des établissements scolaires où la loi de la République ne s’applique pas. Pas besoin de nouveaux textes. Faisons respecter nos lois. Y compris en employant la force comme le pdt US l’a fait en 57 à Little Rock pour que des élèves noirs puissent aller en classe. 

  • Il ne faudrait pas que le délit de blasphème congédié par la porte revienne par la fenêtre de la loi Avia. 

  • Il y a une grande absente ds la mobilisation. On a parlé de la gauche et des féministes. Que fait la jeunesse. Manifeste pour le climat et pour la retraite et se fiche de la liberté. Jeunes c’était mieux avant.