Le premier djihadiste français condamné est libre : "il n'y a aucun doute sur le fait qu'il est toujours radicalisé"

Le premier djihadiste français condamné à 7 ans de prison ferme, est aujourd'hui libre. François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'Iris, l’Institut de relations internationales et stratégiques, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 14 janvier. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le premier djihadiste français condamné à 7 ans de prison ferme, est aujourd'hui libre. © AFP

Flavien Moreau libre : "il n'y a aucun doute sur le fait qu'il est toujours radicalisé"

Flavien Moreau, djihadiste interpellé en Turquie, condamné en novembre 2014 à 7 ans de prison ferme, est aujourd'hui libre après avoir purgé sa peine, alors qu'il est visiblement toujours radicalisé. "Il n'y a aucun doute sur le fait qu'il est toujours radicalisé confirme François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'Iris, l’Institut de relations internationales et stratégiques, au micro de Patrick Roger, d'après la description de son comportement en prison, le fait qu'il a été condamné pour avoir menacé un gardien, etc".

 

Il rappelle que Flavien Moreau "a été en Syrie, servir ce qui ne s'appelait pas encore Daesh à l'époque. Il a été pris en 2013, condamné en 2014. Il a fait ses 7 ans de prison, du point de vue du droit, l'affaire est bouclée reconnaît-il. C'est le maximum de la condamnation du droit français pour son incrimination, qui est la 'participation à une entreprise terroriste'. Il n'avait été accusé d'avoir égorgé personne, de n'avoir participé à aucun combat".

 

"La justice prévoit la sortie de 42 personnes définitivement condamnées pour des faits liés au djihadisme"

Selon les surveillants de prison, il est resté un leader radical charismatique. Il a menacé avec une arme artisanale des surveillants, ce qui l'a conduit à l'isolement. Il est malgré cela remis en liberté, sous surveillance administrative pendant un an. "Il devra se rendre à des convocations précise François-Bernard Huyghe, raconter s'il cherche un travail, ou encore où il vit. Je ne pense pas qu'on va mettre une brigade de policiers pour le surveiller, d'autant plus qu'en 2020, la justice prévoit la sortie de 42 personnes définitivement condamnées pour des faits liés au djihadisme, c'est encore la première génération. Ça plus tous ceux qui vont revenir, il y a quelque chose qui va certainement déborder la capacité de surveillance des forces de police" redoute-t-il.

"Par ailleurs, si ces gens sont jugés en France pour des faits commis à l'étranger poursuit-il, si ça reste sous l'inculpation de participation à une entreprise terroriste, ça amène à 5-7 ans de prison. Reste les cas de ceux dont on pourrait prouver qu'ils ont tué, égorgé, participé à des combats, etc. Mais ce n'est pas facile à prouver" déplore-t-il.

 

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