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Prix du carburant, rémunérations, conditions de travail : le grand ras-le-bol des infirmiers

Par La rédaction

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Un tiers des infirmiers envisage de quitter le métier. En cause : des conditions de travail et des revenus dégradés, une surcharge de travail, un manque de reconnaissance et désormais, la hausse du prix des carburants. Une membre de la coordination du collectif des “infirmiers libéraux en colère” alerte.

infirmières
Un tiers des infirmières parlent de quitter leur métier. (c) AFP

D’après un baromètre Odoxa, 36 % des infirmiers en France se disent prêts à quitter leur poste. Les conditions de travail sont pointées du doigt ainsi que l’épuisement physique et moral, conséquence de journées très chargées. Entre flambée du prix des carburants, conditions de travail et faibles rémunérations, les infirmières sont en difficulté.

  • 65 % des infirmiers (hôpital ou ville) estiment que les conditions de travail se sont dégradées ces 5 dernières années
  • 90 % affirment ne pas se sentir reconnus
  • 38 % des infirmiers libéraux ressentent un niveau de stress élevé
  • 43 % souffrent de troubles du sommeil
  • 56 % de troubles musculo-squelettiques

En 10 ans, le nombre d’étudiants ayant abandonné leurs études d’infirmier n’a cessé d’augmenter. Il atteint de 14 à 18 % d’une promotion sur les 3 années de formation.

Une loi "Infirmières" pas appliquée

"Nos charges sont de plus en plus élevées, nos conditions de travail se sont dégradées depuis quelques années, estime Anne-Gaëlle Kramer, infirmière libérale à Longvic (Côte-d'Or) et membre de la coordination du collectif des “infirmiers libéraux en colère”, au micro de Patrick Roger, sur l'antenne de Sud Radio. On nous parle d’une revalorisation de 30 centimes bruts… Une excellente loi infirmières est passée en juin dernier, et la Cnam et les syndicats la piétinent."

"On ne parle plus de consultations infirmières ou seulement pour les plaies, ce qui est ridicule"

Par ailleurs, plus de 90% disent ne pas se sentir reconnus. "On ne parle plus de consultations infirmières ou seulement pour les plaies, ce qui est ridicule. Nous avons eu le décret le 26 décembre. En principe, les patients qui ont déjà du mal à trouver un rendez-vous chez un médecin pouvaient venir nous voir directement. Pour une petite plaie, une ablation de fil sans ordonnance. Et a priori, ce ne sera pas possible."

Une amplitude horaire de 6h à 20h

Toujours selon ce baromètre, 65% des infirmiers disent que leurs conditions de travail se sont dégradées ces cinq dernières années, à l'hôpital comme en ville. Que demandent tout simplement les infirmiers/infirmières ? Nous souhaitons que la loi soit appliquée avec une consultation infirmière pleine et entière, et rémunérée, résume Anne-Gaëlle Kramer, infirmière libérale à Longvic (Côte-d'Or). Nous voulons notre accès direct comme il a été prévu dans cette loi."

"Notre clé de rémunération n’est toujours pas revalorisée"

Quid d’une détaxe de l’essence ? "Je fais un plein tous les quatre jours, je mets de 10 à 15 euros de plus. Notre clé de rémunération n’est toujours pas revalorisée. Il faut que l’on cumule des actes pour vivre décemment, avec une amplitude horaire de 6h à 20 h. Dans ma patientèle, j’ai énormément de patients qui ont des chimiothérapies à domicile car il n’y a plus de place en centre anti-cancéreux. On reste avec le patient, mais si c’est pour être payé 10 euros brut, ce n’est pas viable."

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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