Le gouvernement mis en demeure pour mettre fin aux contrôles au faciès - "On nous met dans une catégorie de personnes qu'on n'est pas"

C'est une première en France. Une action de groupe vient d’être lancée contre l’État par un collectif d’ONG qui met en demeure le gouvernement pour mettre fin aux "contrôles d’identité discriminatoires" par la police.

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Reportage de Clément Bargain

 

C'est une première en France. Une action de groupe vient d’être lancée contre l’État par un collectif d’ONG qui met en demeure le gouvernement pour mettre fin aux "contrôles d’identité discriminatoires" par la police. Cette action collective est la première de ce type dans le pays, au moment où des affaires mêlant violences policières et accusations de racisme dans la police ont éclaté ces derniers mois.

"Ils font ça parce que j'ai une tête d'arabe"

Le gouvernement a donc quatre mois pour présenter des mesures pour faire cesser les contrôles au faciès. Faute d'action, un juge sera saisi. Le contrôle au faciès est de plus en plus pointé du doigt.

Rizlène se fait régulièrement contrôler par la police, sans motif particulier. "On fouille ton sac pour voir s'il y a du shit, de la drogue. Un truc comme ça. Ils font ça parce que j'ai une tête d'arabe. Voilà."

"Franchement, c'est dérangeant"

Pour son amie Eva… il s’agit bien là de contrôles au faciès. "Personnellement, je ne me suis fait jamais contrôlé parce que je suis blanche. J'ai de la chance".

Des discriminations qu’Arguilès a du mal à supporter. Lui aussi se fait régulièrement contrôler. "On ne fait rien du tout. On est droit. C'est chiant de se faire contrôler à chaque fois alors qu'on ne fait rien de mal. Franchement, c'est dérangeant".

"Pour eux, un rebeu ou un renoi, c'est un menteur, c'est un méchant, c'est la cité, c'est un voyou. C'est notre image"

Cela fait des années que ces contrôles discriminatoires sont dénoncés. Pourtant rien ne change selon Iba. "Pour eux, un rebeu ou un renoi, c'est un menteur, c'est un méchant, c'est la cité, c'est un voyou. C'est notre image. C'est triste parce qu'on est à la Fac et on habite dans une cité. Moi je compte aller en Droit alors que j'habite aussi dans une cité. C'est injuste car on nous met dans une catégorie de personne qu'on n'est pas"

"Il y a un délais de 4 mois pour que l'État montre sa volonté d'engager de vraies réformes structurelles"

Et face à ce constat qui est toujours le même, 6 ONG lancent une action de groupe contre l’État. Une mise en demeure pour en finir avec les contrôles au faciès. Cécile Coudriou est la vice-présidente d’Amnesty International France. "Il y a un délais de 4 mois pour que l'État montre sa volonté d'engager de vraies réformes structurelles qui vont permettre de mettre un terme à ce système de contrôles discriminatoire".

Les ONG menacent de saisir la justice à l’issue de cette mise en demeure.

Clément Bargain (avec Maxime Trouleau)