"Le gouvernement ignore que Noël c'est le 25 décembre? C'est lui qui a pris la responsabilité d'annoncer sa réforme à la veille de Noël !"

La mobilisation contre la réforme des retraites dure et les fêtes de fin d’année ne sont plus très loin.

(Aurore MESENGE / AFP)

Les Français vont devoir trouver des solutions pour passer Noël en famille, surtout quand il faut traverser la France pour rejoindre ses proches. A l'approche de cette date, Edouard Philippe tend la main aux partenaires sociaux pour de nouvelles réunion à Matignon mais les opposants se montrent plus déterminés que jamais. - Reportage Sud Radio d'Alexandre de Moussac

 

 

Pour Julien, cheminot, faire grève à Noël est le seul moyen pour que le gouvernement fasse un pas vers les grévistes: "Nous les cheminots, on n'a pas très envie de faire grève. On s'en passerait bien, on perd notre salaire, on va avoir du mal à aller passer Noël en famille, à acheter des cadeaux aux enfants". Bruno, enseignant dans un lycée professionnel, estime lui qu’il est encore temps de passer un Noël sans grève dans les transports: "Notre objectif n'est pas de durer jusqu'à Noël mais si il faut durer, on durera ! Si on veut que cette grève soit courte, que tous les salariés descendent dans la rue le 17 décembre, que le gouvernement retire son projet et on ne sera plus en grève au mois de décembre !" Mais le gouvernement a-t-il fait exprès de dévoiler sa réforme quelques jours avant Noël ? C’est ce que pense Philippe, inspecteur des finances publiques: "le gouvernement ignore maintenant que Noël c'est le 25 décembre? C'est lui qui a pris la responsabilité d'annoncer sa réforme à la veille de Noël ! Il joue sur l'opinion publique en essayant de la dresser contre les salariés !"Au total, cette troisième manifestation parisienne contre la réforme des retraites n’aura duré que deux heures. La pluie et le froid auront eu raison des manifestants.

 

(BERTRAND GUAY / AFP)

Dans le RER, "il y en a un qui m'a tiré par la capuche, on s'est presque battus"

Au neuvième jour de grève contre la réforme des retraites, les perturbations dans les transports publics continuent… En Ile-de-France 8 lignes de métro fermées et un débit réduit sur le RER A et le RER B aujourd'hui… Alors dans les gares et les stations de métro, les usagers se bousculent, se poussent et parfois le ton monte… Comment la sécurité est-elle assurée ? - Reportage dans une gare parisienne de Grâce Leplat

 

 

Les quais sont noirs de monde, c’est l’heure de pointe. Des centaines de personnes essaient de rentrer chez eux, mais c’est compliqué. A l’écart de la foule, Christine attend que ça se calme avant de monter dans le RER.  Au total, 1200 agents RATP régulent les flux. Ils pratiquent la technique du stop and go: faire attendre les usagers en amont pour limiter le nombre de personnes sur les quais. Mais pour Christine ça n’empêche pas les échauffourées: "il y en a un qui m'a tiré par la capuche hier, on s'est presque battus". Des mesures de sécurité insuffisantes pour Valentin, selon lui ça reste trop dangereux "pour les enfants, les personnes âgées: bousculades, insultes"... Alors pour éviter la violences, les agents de sûreté veillent avec 50.000 caméras qui équipent les trains et les quais. Ils essaient de rassurer tant bien que mal les voyageurs: Par sécurité, la RATP et la SNCF invitent à nouveau les usagers à se déplacer par d’autres moyens de transport pour le neuvième jour consécutif.

 

Le Noël difficile des commerces de centre-ville

En centre ville , les commerces déjà touchés par la mobilisation des gilets jaunes, sans interruption depuis un an à Toulouse , s’inquiètent d’un nouveau coup dur à l économie locale et pour les commerces indépendants. - Reportage à Toulouse de Christine Bouillot

 

Après un an de manifestations de gilets jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites. Yvette a pris une décision radicale: "Toulouse, c'est fini pour moi". On se se bouscule pas rue Alsace-Lorraine, la principale artère commerçante. Philippe Léon, président des commerçants, fataliste, préfère en rire: "C'est plutôt calme. Le positif, c'est qu'on a bien le temps de s'occuper des clients, il y a de la place dans les parkings... C'est la période idéale pour venir faire les achats de Noël". Sur le fond, beaucoup jugent ces grèves justifiées, se disent solidaires. Pour tenter de compenser avant Noël, les magasins resteront ouverts les deux prochains dimanches.

 

Impact plus limité dans les petites communes

Loin des quais de métro bondés et des embouteillages monstres. Comment les petites communes vivent cette grève ? Prés de Marseille, Aubagne est elle aussi touché, surtout pour ceux qui vont travailler dans la cité phocéenne en train. Mais pour le reste, le quotidien est loin d’être chamboulé. Mais ça veut pas dire qu’on se sent moins concerné par cette réforme. - Reportage de Lionel Maillet.

 

 

Avec moins de TER c’est surtout à la gare d’Aubagne que la grève se faire le plus ressentir. "Celui-ci est supprimé, je vais en prendre un autre pour rejoindre Marseille". Pour le reste, à l’image du tramway qui ne circule normalement pas de grosses perturbations, "niquel !" lance une autre usagère. Ce santonnier du Marché de Noël parle d’une baisse de 20 % de fréquentation: il aimerait "une petite trêve". Comme beaucoup de grands-mères Marie Ange garde ses petits enfants qui n’ont pas toujours cantine à cause de la grève, mais ça ne l'empêche pas de manifester, tout comme conducteur de bus à la retraite qui se sent lui aussi très concerné: "j'ai la chance de partir avant mais faut penser aux autres !" Des aubagnais sont d’ailleurs entrain de s’organiser pour aller grossir les rangs de la manifestation parisienne le 17 décembre.