Le château de Foix dépoussière le Moyen-Âge

Le renouveau d’un  vestige du Moyen-Age : le château de Foix. Reportage avec Christine Bouillot.

Office de tourisme - Foix Ariège Pyrénées
Le château de Foix, avant tout une forteresse.

Alors que les Français se passionnent et se mobilisent avec le Loto du Patrimoine pour sauver châteaux et églises, un "vieux monsieur" du Moyen-Âge, dans les Pyrénées, vient de subir une cure de jouvence : il s’agit du Château de Foix, en Ariège.

 

Vivre une aventure au château

C’était le refuge de Gaston Fébus, le fameux prince béarnais, personnage majeur de la guerre de 100 ans… Ce n’est que bien plus tard, en 1607, que le château et sa région ont été rattachés à la France, par un certain Henri IV. Beaucoup plus récemment, il a fallu rénover ce site du Moyen-Age : deux ans de travaux et 10 millions d’euros ont été investis pour à la fois le rénover et surtout le faire découvrir autrement aux touristes. Un enjeu touristique mais aussi économique pour la ville et le département.

Le château de Foix, c’est avant tout une forteresse, comme dans les livres, qui se conquiert à la force du mollet. Les visiteurs doivent grimper avant de s’immerger dans le Moyen-Âge. Pascal Alard, directeur des sites touristiques de l’Ariège, voulait à tout prix faire découvrir cette période autrement : "on a l’impression d’aller vivre une aventure au château. Terminé le temps où l’on était dans le contemplatif. Les gens ont envie de vivre quelque chose. Nos visiteurs repartent avec la tête pleine de souvenirs. Dès que vous franchissez la porte, il y a des animations, des chasseurs, des forgerons, des maçons. Vous montez dans une cage à écureuil. On dépoussière le Moyen-Age."

Irriguer le tourisme local

Finies les visites au pas de charge. Au pied des tours, on peut s’initier au tir à l’arbalète, dormir dans le lit du comte, s’enfermer dans les oubliettes, ou encore porter casque et cotte de mailles. Et pas question pour Pascal Alard de travestir le réel : "Vous ne pouvez pas jouer avec les faits avérés. Si vous en sortez, vous n’êtes plus crédible. On apprend en s’amusant, mais toujours en étant juste." Dans la partie musée, il fallait remettre au goût du jour les six siècles d’histoire du château, comme Marguerite de Navarre, grand mère d’Henri IV, avec les technologies les plus modernes, ludiques et attractives.

Cet été, les responsables visent les 100.000 visiteurs, avec une entrée à 9,2 €. Les commerçants en espèrent également beaucoup. "On espère un ruissellement, confie Mathieu Lagarde, directeur de l’office du tourisme, que cela va irriguer le tourisme local." Conséquence directe sur l’emploi : le château a permis de tripler les embauches cet été , avec dix permanents et trente saisonniers.