Laurent Izard : "il y a un mal-être au quotidien que vivent de très nombreux Français"

Le normalien et agrégé de l'Université en économie et gestion, Laurent Izard, était l’invité d’André Bercoff le 8 avril 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états" pour parler de son dernier livre "À la sueur de ton front - Quand la mondialisation crée souffrance, chômage et insécurité" aux Éditions Artilleur.

Laurent Izard, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

À l’occasion de la sortie de son livre, À la sueur de ton front - Quand la mondialisation crée souffrance, chômage et insécurité aux Éditions Artilleur, Laurent Izard est revenu au micro d’André Bercoff sur la notion et la valeur du travail à notre époque. 

Laurent Izard : "le travail fait naturellement partie de la vie humaine"

Si la valeur travail a toujours un sens dans les pays développés, comme la France, elle n’en reste pas pour autant dénigrée. Laurent Izard estime que le dénigrement de cette valeur est dû à "la souffrance qui est parfois endurée par des Français dans le cadre de leur travail." Face à cette souffrance, ces derniers sont en quête du sens de ce travail : "à quoi ça sert de travailler finalement ? Est-ce que c’est vraiment utile et est-ce que je ne ruine pas ma santé ?"

Cependant, si on le dénigre beaucoup, Laurent Izard rappelle que "le travail fait naturellement partie de la vie humaine et de la personne humaine. Il appartient à chaque personne de contribuer à l’effort commun par son travail, de contribuer à la création de produit, de services". Il pose cependant une limite à cette participation à l’œuvre commune, travailler "ne veut pas dire pour autant que l’on doive se tuer au travail et que l’on doive rechercher au quotidien la performance".

"Si on ne peut pas les faire partir, on va les forcer eux-mêmes à démissionner"

Cependant, ce mal-être au travail que vivent les Français, c’est aussi dû, selon Laurent Izard, à "un vrai problème de seuil entre les bas revenus du travail et puis les personnes qui arrivent, au moyen de l’assistanat, de la solidarité familiale et de petites combines complémentaires, à finalement vivre, gagner leur vie avec moins de contraintes que ceux qui tous les matins se lèvent pour aller travailler." Cette situation lance un débat sans fin : pourquoi travailler alors que je pourrais gagner autant en ne faisant rien ?

Dans certaines entreprises comme chez Orange France Telecom, il y a quelques années, ce mal-être a débouché sur une vague de suicides. Des changements de procédures, un difficile licenciement qui débouchent sur une idée simple : "si on ne peut pas les faire partir, on va les forcer eux-mêmes à démissionner". Pour Laurent Izard, cette "perversité" n’entraîne que rarement des vagues de suicides mais il estime tout de même qu’il existe "un mal-être au quotidien que vivent de très nombreux Français. Il y a une souffrance au travail qui est souvent muette et invisible mais qui aboutit à des dépressions, des burn-outs et malheureusement parfois des suicides".

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