Laurence Taillade : "Le retour en force des religions fait que le corps de la femme est confisqué par le corps social"

Laurence Taillade, présidente du Parti républicain solidariste, auteure du livre "Être une femme en 2020" (aux éditions Michalon) était l’invitée d’André Bercoff, mardi 17 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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Laurence Taillade invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

La condition féminine en France a-t-elle évolué en 2020 ? Les femmes vivent-elles mieux qu'en 2000 ? Pas sûr, selon Laurence Taillade qui pointe du doigt "un retour en force des religions". 

 

Les femmes sont "les premières à renoncer à leur carrière pendant le confinement"

Alors que la majorité des Français sont appelés à rester au foyer durant une période minimale de 15 jours, Laurence Taillade ne perçoit pas "de spécificité particulière" mais note que "les femmes, parce qu'elles sont très souvent reléguées au rôle familial, ont certainement été les premières à renoncer à leur carrière pour pouvoir s'occuper des enfants". Les nouvelles mesures appelant au confinement total pourrait permettre "aux hommes de se rendre compte que s'occuper des enfants, c'est quelque chose que l'on peut faire aussi", pointe-t-elle.

Pour dessiner le paysage de la condition des femmes en 2020, Laurence Taillade s'est inspirée de la chanson Femme des années 80, de Michel Sardou. "Je voulais savoir si c'était un drame d'être une femme", confie-t-elle. Si elle assure n'avoir "jamais vécu sa condition comme un drame", l'auteure souhaitait se pencher sur les rapports et d'autres éléments pour "évaluer la condition féminine dans sa globalité en France". Et ce qui en ressort est inquiétant, "la femme est discriminée dans tous les domaines de la vie", assure la présidente du parti républicain solidariste.

Peu de femmes élues

Si on parle régulièrement des "discriminations salariales", l'auteure déplore que l'on parle peu des discriminations en politique. "Plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de femmes", s'indigne-t-elle. Laurence Taillade précise tout de même qu'il existe "une évolution sur le nombre de ministres, et de députées à l'Assemblée nationale", mais souligne que lors du dernier scrutin municipal, "on a que 16% de maires femmes". Et même quand elles sont en seconde position de la liste, l'auteure remarque qu'elles sont "écartées au moment d'élire le premier adjoint, puisqu'elles ne sont que 28,5% à ce poste".

Pour Laurence Taillade, la situation "s'est bien plus améliorée entre les années 1970 et 2000 qu'entre 2000 et aujourd'hui". Une perte de dynamisme qui s'expliquerait par "le retour en force des religions qui font que le corps de la femme est confisqué par le corps social", note-t-elle. Et cela se traduit par des questions d'accès à la sexualité, de liberté d'exposer son corps ou des mariages forcés qui doivent "nous interroger sur la façon dont la société s'empare du corps de la femme et lui refuse un certain nombre de droits qu'elle avait revendiqués et conquis".

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