Lamine Gharbi : "le privé dispose de lits pour accueillir des patients porteurs du Covid-19"

Les cliniques privées ont déprogrammé les interventions chirurgicales non urgentes afin de libérer des lits en réanimation et peuvent aujourd’hui accueillir des malades porteurs du Covid-19, a déclaré Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP).

Les cliniques privées disposent de lits pour accueillir des malades du Covid-19. © AFP

Lamine Gharbi était l'invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 25 mars 2020 dans "Le 10h - midi".

 

"Dans le privé, en réanimation, nous avons des lits pour accueillir des patients"

"Dans nos blocs opératoires on a déprogrammé 100.000 patients la semaine dernière et 100.000 patients cette semaine. Cela nous a permis de libérer de la place : 20, 40 voire 60 lits par établissement. Mais pas seulement les cliniques : les soins de suite et de réadaptation aussi ont libéré de la place.

Aujourd’hui nos établissements sont vides. Sur le Grand Est, en réanimation nous avons comptabilisé 14 places de libre. Je le redis : concrètement, dans le privé, en réanimation, nous avons des lits pour accueillir des patients. Pourquoi ces lits restent-ils vides ? Je n’ai pas de réponse, je n’arrive pas à avoir d’explication rationnelle. En Ile-de-France c’est différent : là-bas, une collaboration public-privé s’est mise en place. Le privé a accueilli des patients en réanimation classique. Mais dans le reste de la France le Covid-19 est pour l’instant sanctuarisé dans les hôpitaux publics", a déclaré Lamine Gharbi.

"L’Assurance Maladie solvabilise les soins dans les cliniques privées"

"En même temps, on ne le dit pas assez : il y a toujours des malades qui nécessitent la réanimation et qui ne sont pas porteurs du Covid. On l’oublie car on a l’impression que d’un coup, il n’y a plus d’autres maladies.

Je veux rappeler aux Français que s’ils viennent dans une clinique privée, ils n’ont pas à payer : c’est pris en charge par l’Assurance maladie. Et vous n’avez rien à avancer. Je rappelle par ailleurs que le 15 régule aussi avec le privé", a déclaré Lamine Gharbi.

Des soignants non dépistés et un attroupement hors normes à Roissy Charles-de-Gaulle

"Je demande que tous nos soignants soient dépistés systématiquement. Nos soignants ne savent pas s’ils sont positifs. Lorsqu’ils rentrent chez eux, c’est carton plein : c’est tout l’appartement qui sera contaminé", a mis en garde Lamine Gharbi.

"Je veux bien qu’on soit tous confinés, et merci à nos concitoyens de jouer le jeu. Je pense qu’il faut arrêter de stigmatiser le pauvre joggeur qui va courir une heure dans la campagne avec son chien ou tout seul. En revanche, hier je rentrais à Montpellier : dans le terminal de l’aéroport Paris Charles de Gaulle, nous étions 1.000. C’était quand même paradoxal. Hier nous avons tous pris une charge virale phénoménale", a raconté le docteur Gharbi.

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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