La pêche française à l’épreuve du coronavirus

Yves Herszfeld, directeur du port de pêche et de la criée d’Arcachon était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 2 Avril. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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On le sait peu, mais un pêcheur en mer fait travailler quatre personnes à terre.

En pleine épidémie de coronavirus, que devient la pêche française ? Si une bonne partie des chalutiers sont à quai, certains ports de pêche demeurent actifs.

 

Des gestes barrières complexes à respecter en mer

La criée a-t-elle encore lieu à Arcachon ? "Là, elle est en pleine vente, avec beaucoup de poissons ce matin, confirme Yves Herszfeld, directeur du port de pêche et de la criée d’Arcachon. Pour autant, toutes les criées ne sont pas restées ouvertes. A-t-elle été fermée ? "Pas du tout, nous avons choisi de rester ouvert, parce qu’il y a des bateaux qui étaient partis en mer. Il fallait bien les accueillir et vendre leur poisson."

"Au début, nous étions quand même assez frileux. Les acheteurs allaient-ils venir, les pêcheurs sortir en mer dans de telles conditions ? Ce n’est pas facile non plus, à bord d’un bateau de pêche, de respecter les gestes barrières. Mais on y arrive, les pêcheurs sont motivés, sérieux, et tout est fait en bonne et due forme."

Un pêcheur en mer, quatre emplois à terre

Comment rester à distance sur un petit bateau de pêche ? "Ce n’est pas évident. Pendant les repas ils ne sont que deux au lieu de quatre, Pour lever les filets, l’un est sur un bord, l’autre sur l’autre. Ils n’ont pas envie de rapporter ce virus chez eux." Et à la criée ? "Justement, j’ai proposé à mes acheteurs de le faire depuis chez eux, c’est maintenant possible. L'acheteur est devant son PC, avec le même tableau qu’en salle de ventes, et il participe aux enchères. Les trois quarts ont choisi cette solution ; cela évite les regroupements et respecte les consignes."

Quid du prix du poisson ? A-t-il flambé du fait du confinement et de l’épidémie ? "Le fait est qu’il y a moins de bateaux et que les grosses unités, avec huit personnes à bord, sont restées à quai. Des criées ont fermé, du coup certaines espèces se vendent très cher, à des prix que l’on ne voit qu’en fin de saison. On avait comme ambition de fournir la chaîne alimentaire avec des produits locaux. Il faut savoir qu’un pêcheur en mer fait travailler quatre personnes à terre. La criée, les transporteurs, les mareyeurs, les mécaniciens… C’est tout un pan de l’économie locale qui serait en danger si l’on fermait cette criée."

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