Jean-Louis Harouel : "L’abolition est sainte et Badinter fut son prophète"

Jean-Louis Harouel était l’invité d’André Bercoff vendredi 22 novembre 2019 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Jean-Louis Harouel invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Jean-Louis Harouel, professeur émérite d’histoire du droit à l’Université Panthéon-Assas, est l’invité d’André Bercoff. Il présente son nouveau livre, Libres réflexions sur la peine de mort (éditions Desclée de Brouwer) dans lequel il revient sur l’abolition de la peine de mort.

 

"L’abolition est sainte et Badinter fut son prophète"

Pour le professeur, "Le dernier jour d’un condamné" est "le grand texte fondateur" de l’abolition de la peine de mort. Un texte qu’on fait lire aux enfants "pour les formater définitivement à l’acceptation religieuse que l’abolition de la peine de mort était la seule solution". "L’abolition est sainte et Badinter fut son prophète".

Il rappelle que de nombreux auteurs des Lumières étaient en faveur de la peine de mort : "Voltaire s’est converti in fine à l’abolitionnisme" mais, par exemple, Emmanuel Kant "était très très fermement attaché à la peine de mort".

"On peut éliminer la peine de mort quand on récuse l’idée de responsabilité", explique Jean-Louis Harouel. "Il est aussi vieux que l’humanité de penser que la société a le droit de sanctionner ceux qui commettent des fautes" mais, depuis les Lumières, "il est possible de contester ce droit". C’est ça la nouveauté. La peine de mort existe depuis des millénaires et était considérée comme allant de soi.

"L’abolition de la peine de mort est une injustice profonde"

Avec l’abolition de la peine de mort, "la vraie victime", soit l’assassiné, est laissée de côté et c’est le meurtrier qu’il faut "sauver". "Il est proclamé victime, et victime innocente" comme le disait Victor Hugo. De fait : "l'abolition de la peine de mort est une injustice profonde" car la vie des criminels "passe avant la vie des innocents".

Jean-Louis Harouel va plus loin : puisque l’abolition étant inscrite dans la convention européenne des Droits de l’Homme alors "il y a un nouveau Droit de l’Homme : pouvoir tuer sans risquer d’être tué en punition de son crime" ce qui est, pour le professeur, "immoral".

Quant à l’origine de l’abolitionnisme, le professeur Harouel précise bien qu’elle n’est pas chrétienne. "L’abolition est fondamentalement issue du courant progressiste qui va éclore dans la religion des Droits de l’Homme", explique-t-il. Or, pour le professeur, la vraie fonction de la peine de mort est "d’être la clé de voûte du système pénal", notamment par son effet dissuasif. Mais "Il y a une préférence de nos grandes consciences autoproclamées pour la vie des criminels au détriment de la vie des innocents".

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

 

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