Interdite depuis le 1er juillet 1997, l’amiante présente de nombreux risques pour la santé. Malheureusement, elle serait encore présente dans environ 15 millions de logements en France. Comment le savoir ? Qui appeler ? Comment agir ? Bérénice Deville Fleuriot, journaliste éco et immobilier, apporte ses réponses.
Comment savoir s’il y a de l’amiante ?
Tout d’abord, il faut détecter la présence d’amiante au sein de votre logement. Comment faire ? « Alors, le premier réflexe, on va dire, c'est de regarder l'année de construction. Puis, il faut demander les documents existants, notamment en copropriété : le dossier amiante des parties privatives, les informations sur les parties communes », explique Bérénice Deville Fleuriot.
Si le bâtiment a été construit après 1997, il n’y a pas de risque. Selon la journaliste, si le bâtiment a été érigé avant cette date : « On ne peut pas conclure sérieusement à l'œil nu. Les fibres sont non observables à l'œil nu. Et le danger apparaît justement quand on perce, quand on ponce, quand on découpe un matériau suspect. Donc, pour un repérage fiable, pour une vente ou avant des travaux, il faut passer par un diagnostiqueur certifié, c'est important. »
Le diagnostic doit être remis à l'acquéreur
Pour les propriétaires et les bailleurs, il y a des obligations à suivre. « En cas de vente d'un logement dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, le diagnostic amiante doit être remis à l’acquéreur », explique Bérénice Deville Fleuriot, qui poursuit : « En location, dans un immeuble collectif d'habitation, le bailleur doit avoir un dossier amiante des parties privatives et le tenir à disposition du locataire s'il le demande. »
Dans le cas où de l’amiante est présente dans votre logement, pas de panique : pas de bricolage maison, il faut faire appel à des professionnels compétents. En revanche, un problème se pose : « Il n'existe pas de prime nationale automatique de désamiantage pour tout le monde, sous la forme d’un guichet simple », déplore la rédactrice en chef de Radio Immo. Elle ajoute : « Des aides publiques peuvent être mobilisées sous conditions via l'ANAH, l'Agence nationale de l’habitat. C'est elle qui porte MaPrimeRénov', par exemple, ainsi que France Rénov’. »
Des aides « soumises à condition » qui ne sont pas automatiques
Le désamiantage doit répondre à certaines conditions : « Les services publics rappellent que ces aides sont soumises à conditions, qu'elles ne sont pas automatiques et qu'elles peuvent concerner les propriétaires occupants, les bailleurs ou les copropriétés. Elles peuvent se cumuler avec un éco-PTZ, un éco-prêt à taux zéro, ou une TVA réduite », conclut-elle concernant les aides.
Alors, par quoi remplacer l’amiante ? Bérénice Deville Fleuriot répond : « Le bon message, c'est qu'il n'existe pas de remplaçant unique, tout dépend de l'usage initial. L'INRS, l'Institut national de recherche et de sécurité, cite notamment les laines minérales, comme la laine de verre ou de roche, la cellulose, certains panneaux ou coquilles de silicate. »