Incendie de Notre-Dame : "Il a quand même fallu chauffer le bois, à un moment, à 250 degrés"

Incendie Notre-Dame
Sébastien Bouvier, chargé de mission CFDT pour les SDIS, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Sébastien Bouvier, chargé de mission CFDT pour les SDIS (Services départementaux d'incendie et de secours), était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 18 avril 2019, animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur les questions que pose encore l’incendie de Notre-Dame.

"Concernant l'origine du feu, c'est l'enquête qui le dira, mais il a quand même fallu chauffer le bois, à un moment, à 250°"

L'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, le 15 avril dernier, pose encore beaucoup de questions. L'ancien architecte en chef de Notre-Dame a semé le doute, stupéfait que le feu ait pris si rapidement alors que, d'après lui, le chêne est un matériau très résistant. Pour Sébastien Bouvier, chargé de mission CFDT pour les SDIS (Services départementaux d'incendie et de secours) et spécialiste des incendies, "le bois a la particularité de pyrolyser à partir de 250 degrés. La pyrolyse, c'est quand on met une bûche de bois dans la cheminée : au bout de 5 minutes, on voit une fumée blanche qui apparaît à la superficie du bois.

L'origine du feu dans la toiture reste à définir par l'enquête, mais une fois que la pyrolyse est engagée, dans un espace confiné comme la charpente de Notre-Dame, ces gaz de pyrolyse qui sont à 250 degrés, voire même à 500 degrés, vont se répartir dans toute la toiture et pyrolyser sur d'autres parties du chêne et après, le feu se développe très rapidement".

"La rapidité de la propagation n'est pas surprenante, on voit bien sur les images que les fumées qui sont blanches au départ, jaunissent. Elles se chargent en énergie : elles passent de 200 degrés à 500, 600 degrés. Une fois que c'est parti, il n'y a que l'eau qui peut arrêter le phénomène et il faut mettre énormément d'eau pour le stopper. Concernant l'origine du feu, c'est l'enquête qui le dira, mais il a quand même fallu chauffer le bois, à un moment, à 250 degrés."

"Que la toiture, après, s'embrase de cette manière-là, ce n'est pas choquant"

Parmi les hypothèses, on a parlé des ascenseurs posés avec les échafaudages et d'un court-circuit. Mais le fait que l'ensemble chauffe aussi rapidement, sans qu'on ne le détecte, peut surprendre. "Il y avait un PC de sécurité, des personnes qui sont allées faire une levée de doute, c'est-à-dire voir s'il y avait un problème. Peut-être que le système a eu une défaillance et peut-être que les détecteurs n'ont pas marché. Mais que la toiture, après, s'embrase de cette manière-là, malheureusement ce n'est pas choquant."

Aurons-nous une explication de la cause réelle, compte-tenu de l'état ? "Les enquêteurs savent le faire. Il y a des caméras, de la vidéo, il y aura des témoignages, je pense que l'enquête sera en mesure de déterminer quelle en est l'origine, mais il faudra du temps."

 

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