Île de France : des familles de trafiquant expulsées de leur logement

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(image d'illustration) PHILIPPE HUGUEN / AFP

À Paris et en Île de France, dans plusieurs affaires récentes, des juges ont validé l'expulsion de familles de trafiquants. Ils estiment qu’il s’agit d’une violation grave des obligations locatives. Des décisions qui ne font pas l'unanimité.  

À Paris et plus globalement en Île de France, plusieurs juges ont validé l’expulsion locative de familles où un membre était trafiquant de drogue. Une décision radicale, mais qui se justifie selon les hommes de loi par ce qu’ils estiment être une violation grave des obligations locatives. Les avis restent néanmoins mitigés quant à ces expulsions.

Christian Ballerini est membre du conseil d'administration de Paris Habitat et également secrétaire de la fédération logement de Paris. Pour lui, faire payer toute une famille pour les actions d’un seul membre, c’est scandaleux : "Il y a des personnes dans le lot familial qui n’ont rien fait et ne sont responsables de rien. Cela peut être perçu comme une double peine pour les familles qui ont déjà des difficultés". Selon Christian Ballerini, ces expulsions sont le fruit des bailleurs qui ont convaincu les juges que lesdites familles des trafiquants "pourrissent" la vie de l’immeuble et des parties communes. De même, il estime que les bailleurs font valoir la règle selon laquelle "vous hébergez, vous êtes responsables", inacceptable pour le secrétaire de la fédération logement de Paris : "si les enfants sont majeurs, ils font ce qu’ils veulent… Mais maintenant les juges sont dans l’optique de dire c’est vos enfants donc c’est votre responsabilité même s'ils ont plus de 18 ans".

À l’inverse, Ian Brossat, adjoint PCF d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris, partage l’avis des juges. Pour lui, si ces décisions sont rendues c’est que le tribunal avait de fortes raisons de penser que la famille était complice et le logement utilisé en "base arrière pour le trafic". "La première aspiration des gens qui vivent dans des logements sociaux c’est de vivre dans un environnement tranquille qui permet à leurs enfants de réussir dans la vie. Et parfois, maintenir la tranquillité dans l’immeuble, ça passe par le fait de se débarrasser de ceux qui pourrissent la vie des locataires sur une durée importante" déclare-t-il.

Les chiffres de 2018 ne sont pas encore connus, mais en 2016, c’est neuf familles qui se sont faites expulser en l’espace de 4 mois dans le 20 ème arrondissement de la capitale.

Propos recueillis par Jérome Pasanau. 

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Damiano Georges
- Vendredi 10 août 2018 à 12:29


Pour les personnes qui trouvent cette décision choquante je leur demande de venir habiter dans ces quartiers.
obelix
- Vendredi 10 août 2018 à 19:50
ceux qui font du bruit volontairement , peut on les faires expulser aussi

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