"Il n'y a pas de volonté politique pour permettre aux personnes handicapées de pouvoir se réinsérer dans la société"

Ce devait être l’une des priorités de son quinquennat, mais Emmanuel Macron n'est pas à la hauteur en matière de handicap. C'est le constat amer de l’association APF France Handicap. Allocation, logement, accessibilité : le compte n’y est pas. Les handicapés peinent toujours autant à trouver du travail et le nombre de chômeurs, parmi eux, ne cesse d’augmenter. C’est le cas de ce Marseillais en fauteuil roulant que Lionel Maillet de Sud Radio a rencontré. 

 

 

Thumbnail

"Les patrons sont très réfractaires au fait d'embaucher des personnes handicapées"

Un accident de moto l’a privé de ses jambes à 19 ans mais pas de l’envie de travailler. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé : des dizaines et des dizaines de CV pour Patrice qui approche de la trentaine : "Les patrons sont très réfractaires au fait d'embaucher des personnes handicapées, parce que ça fait peur, le handicap, confie-t-il à Lionel Maillet de Sud Radio. On ne sait pas comment va passer la personne handicapée auprès des collaborateurs, si elle sera plus absente que les autres, alors que statistiquement, c'est le contraire".

Son accident l’a coupé net dans ses études d’économie mais, même sans diplôme, il pense être largement capable de servir à quelque chose : "Sur le CV, il y a marqué 'tétraplégique'. Peut-être que certains pensent qu'ils vont devoir nous prendre en charge. Ils ont déjà assez de leur travail, si en plus il faut s'occuper d'une personne handicapée dans l'entreprise...".

"Beaucoup d'entreprises préfèrent payer la taxe plutôt que d'embaucher des personnes handicapées"

La loi impose pourtant aux entreprises de plus de 20 salariés d’avoir au moins 6% de travailleurs handicapés. "Malgré cette obligation, beaucoup d'entreprises préfèrent payer la taxe plutôt que d'embaucher des personnes handicapées."

À force de persévérer, tout ce qu’il a pu décrocher, ce sont des interventions pour parler du handicap dans les lycées ou les hôpitaux, mais jamais de CDI. "On vous donne une aide pour rester chez vous, pour pouvoir vivre, mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas de volonté politique, vraiment, pour permettre aux personnes handicapées de pouvoir se réinsérer dans la société."

Preuve qu’il y a encore beaucoup à faire : le taux de chômage des personnes handicapées reste deux fois plus élevé que la moyenne nationale.

Patrice Tripoteau : "Il vous reste trois ans pour agir, Monsieur le Président"

Emmanuel Macron n'est pas à la hauteur en matière de handicap. C'est le constat amer de l’association APF France Handicap qui va faire partir, aujourd’hui, 22 minibus vers Paris, depuis Rennes, Strasbourg, Grenoble et Montpellier. L’idée est de faire remonter les revendications vers la capitale et le chef de l’État. Allocation, logement, accessibilité : le compte n’y est pas. "Il vous reste trois ans pour agir, Monsieur le Président", tonne Patrice Tripoteau, directeur général adjoint de l’association APF France.