Grève SNCF - À Montparnasse, la tension grimpe

"Droit de retrait" ou "grève sauvage", les avis divergent quant à la situation de mouvement social à la SNCF. Pendant que les cheminots protestent et que la direction peine à résoudre le conflit, les usagers des trains sur l'axe Atlantique sont pénalisés. En pleines vacances de la Toussaint, seuls 3 TGV sur 10 circulent. D'où la colère de clients "obligés" pour certains "de payer l'hôtel".

Une assistante SNCF conseille des clients exaspérés

Un reportage signé Clément Bargain

La gare Montparnasse est toujours au ralenti ce mardi. En plein milieu des vacances scolaires, la SNCF est contrainte de réduire la cadence de ses TGV Atlantique en raison d’un mouvement social. En effet, 200 agents du technicentre de Châtillon spécialisé dans la maintenance quotidienne des trains sont en grève.

Aujourd'hui, seuls trois TGV sur 10 circulent. La veille, moins de 35.000 passagers sur les 80.000 prévus ont pu prendre leur train. En façade, la direction de la SNCF se veut rassurante pour la fin de la semaine. Si elle assure que le trafic sera moins perturbé, dans les faits le conflit avec les cheminots en grève ne s'estompe pas. Comme en témoigne les propos de Gwendoline Cazenave, directrice de TGV Atlantique :

"Dès le démarrage du conflit lundi dernier, nous (la direction SNCF) avons retiré notre projet d'aménagement des conditions de travail. Depuis mardi, nous discutons et malgré ça, le travail n'a pas repris. Aujourd'hui, la revendication des agents, c'est le paiement des jours de grève et ça, c'est absolument impossible." rapporte Gwendoline Cazenave, directrice de TGV Atlantique

Les passagers, premières victimes de l'imbroglio

Les cheminots, quant à eux, protestent contre une remise en cause des conditions de travail. Selon le syndicat Sud Rail à l’origine du mouvement social, la direction du site avait annoncé une suppression des repos compensateurs pour le travail en soirée et le week-end. Or, ce plan n’est plus d’actualité selon la direction qui dénonce le jusque-boutisme des grévistes. Au grand dam des passagers comme Catherine qui se retrouvent bloqués à Paris. La sexagénaire a même dû "payer son hôtel" après que son trajet à destination du Croisic a été supprimé.

"Mon train du Croisic a été annulé. J'ai été obligée d'aller à l'hôtel, ça m'a coûté 74 euros en plus. Forcément, la SNCF ne m'a pas remboursée. À chaque vacances, ils se mettent en grève, c'est intolérable !" peste Catherine, cliente SNCF

 

 

Dans le flot de passagers bloqués à Paris, les annonces au micro annoncent rarement une bonne nouvelle. Les soupirs et l'exaspération se font de plus en plus lourds à mesure que le conflit entre dirigeants et agents de la SNCF traîne. Forcément, le week-end de la Toussaint approche dans un climat qui peine à rassurer les voyageurs.