Grève : "Il ne faut pas que les grévistes prennent les Français en otage", déclare Jean-Noël Barrot

"Si la situation n’est pas débloquée, nous serons contraints" à de nouvelles réquisitions, selon Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications. Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

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Jean-Noël Barrot, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 13 octobre 2022, dans "le petit déjeuner politique". 

La grève dans les raffineries, les réquisitions du personnel, la taxe proposée par le MoDem, la cybersécurité... Jean-Noël Barrot a répondu aux questions de Patrick Roger.

 

Grève : "Ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est que chacun prenne ses responsabilités"

La CGT a annoncé, jeudi 13 octobre 2022, reconduire la grève dans les raffineries et les dépôts. La situation semble s’enliser alors que les files d’attente aux stations-service s’allongent et que les stocks s’amenuisent. Le gouvernement a même lancé des réquisitions de personnel, contestées par les syndicats en grève qui ont déposé des recours. "Dès le week-end dernier, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures", confirme Jean-Noël Barrot. Objectif : "améliorer la fluidité de la distribution des carburants" touchée par la grève.

Les "premières réquisitions" ont été décidées mercredi 12 octobre 2022, "pour que le carburant puisse arriver", explique le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications. "Mais ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est que chacun prenne ses responsabilités." Il juge qu’il faut "que les grévistes ne prennent pas les Français en otage". "Les files que l’ont voit dans les stations-essence sont totalement inacceptables."

 

Jean-Noël Barrot : les entreprises "doivent se mettre à la table des discussions pour procéder à des revalorisations salariales"

Toutefois, il estime que "la responsabilité, c’est aussi celle des grands énergéticiens qui peuvent, et doivent, se mettre à la table des discussions pour procéder à des revalorisations salariales". Ces revalorisations se justifient, pour Jean-Noël Barrot, par les "grandes variations des prix de l’énergie" qui ont causé une hausse des profits des entreprises concernées. Les syndicats en grève demandent, en effet, une meilleure répartition de ces gains exceptionnels.

Chez Esso-ExxonMobil, ces discussions ont eu lieu et auraient abouti à un début d’accord, mais pas chez TotalEnergies. La discussion "doit avoir lieu chez Total, maintenant. On ne peut plus attendre", juge le ministre délégué.

En cas d’échec des négociations et de poursuite du mouvement de grève, de nouvelles réquisitions ne sont pas exclues. "Si la situation n’est pas débloquée, nous serons contraints d’y parvenir. Mais ce serait bien regrettable."

 

Taxe sur les super-profits : "La Nupes veut taxer tout le monde, tout le temps"

Le MoDem a présenté, le 12 octobre 2022, un amendement visant à instaurer une taxe sur les super-dividendes. Le vote, qui l’a adopté, est allé à l’encontre de la volonté du gouvernement, qui y était opposé… alors que le MoDem est proche du parti Renaissance. Jean-Noël Barrot, membre du MoDem, rappelle qu’il "arrive fréquemment que des groupes de la majorité fassent des propositions".

La taxe sur les super-dividendes "est une idée qui est défendue de longue date par Jean-Paul Mattéi", souligne le ministre délégué. Désormais, selon lui, "la question est de savoir comment cette idée va s’articuler avec la contribution qui a été décidée au niveau européen pour mettre à profit les grands énergéticiens".

Jean-Noël Barrot tient toutefois à distinguer cette taxe de celle sur les super-profits voulue, entre autres, par l’alliance Nupes. "La Nupes veut taxer tout le monde, tout le temps", explique-t-il. La proposition du MoDem, au contraire, "consiste à taxer de manière transitoire les distributions de dividendes qui dépasseraient les niveaux précédemment atteints".

 

Cybersécurité : "Les attaques sont en progression constante"

En parallèle de l’augmentation des tensions internationales liées à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, une hausse des attaques de cybercriminels a été enregistrée. Des hôpitaux ou encore des mairies en sont la cible en France depuis le début de l’année 2022. Mais pour Jean-Noël Barrot, ces attaques "n’ont pas nécessairement un lien direct" avec le conflit en Ukraine. Il concède néanmoins que "les attaques sont en progression constante". Et "une partie des assaillants, des pirates" se trouvent en Russie et dans des pays proches.

Afin de mieux protéger la France de la menace cyber qui "est une grande menace de notre temps", le gouvernement va augmenter les moyens de l’ANSSI (Agence Nationale pour la Sécurité des Systèmes d’Information). Elle sera "renforcée dans ses effectifs", souligne le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications.

"Cela va nous permettre à la fois de prévenir ces attaques" mais aussi "d’accompagner les entreprises, les collectivités, les particuliers, dans la remédiation".

 

 

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