Gilets Jaunes : les commerçants sont sur les dents : "on a peur !"

Champs Elysées
91 commerces ont été dégradés sur les Champs Elysées lors de l'acte 18 des Gilets Jaunes. AFP

Des appels à manifester un peu partout en France sont lancés sur les réseaux sociaux pour l'acte 19 des Gilets Jaunes samedi 23 mars. Une semaine après les scènes de violence qui ont éclaté à Paris, sur les Champs-Elysées, le gouvernement muscle le dispositif de sécurité pour cette nouvelle journée de mobilisation. Les militaires de l’opération Sentinelle protégeront les bâtiments publics, notamment les différents ministères. Le gouvernement interdit également les manifestations dans les quartiers les plus touchés, comme les Champs-Elysées à Paris ou la place du Capitole à Toulouse. Une stratégie renforcée pour lutter contre la présence de manifestants ultras, car une semaine après les heurts de l’acte 18 sur les Champs-Elysées, les commerçants sont très éprouvés. Clément Bargain de Sud Radio est allé à leur rencontre.

"Il n'y a pas de touristes, c'est critique, on est presque à la faillite"

Samedi dernier, le kiosque de Samy a été complètement détruit. Mais depuis, il a repris le travail : "ils ont réparé vite fait en même pas une journée le kiosque, qui était complètement cassé de l'extérieur. Ça reprend vie".

Mais sur les Champs-Elysées, les 18 manifestations des Gilets Jaunes laissent des traces et les touristes désertent l’avenue. Nadim tient une boutique de souvenirs : "Il n'y a pas de touristes ! On travaille beaucoup avec les Africains, les Russes, les Saoudiens, les pays du Maghreb, il n'y a personne qui vient. C'est critique, on est presque à la faillite. On tournait normalement à 2.500-3.000 euros par jour ; là on tourne à 200-300 euros".

"Macron doit parler, mettre un jogging comme Fidel Castro, sa casquette et descende !"

Les commerçants sont en colère, ils attendent des mesures immédiates du gouvernement pour répondre à la crise. Pour Linda, qui gère une boutique de prêt-à-porter, "Macron doit parler, mettre un jogging comme Fidel Castro, sa casquette et descende ! Il faut qu'il parle à son peuple, il n'est plus banquier, il est président de la République ! Ils sont derrière leur bureau, avec leur cravate en soie, ils n'en ont rien à faire de nous, mais nous, on vit l'enfer. Moi je vais mettre le gilet demain".

La tension ne redescend pas. À la veille de l’acte 19 et malgré un dispositif de sécurité renforcé, les commerçants sont sur les dents : "on a peur ! Si ça recommence comme samedi, c'est la guérilla urbaine !"

Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se multiplient. À Paris, il semblerait que la place du Trocadéro ait été choisie pour le rassemblement

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