Gilets Jaunes : le Débat National peut-il apporter des solutions ?

Le Débat National peut il apporter des solutions ? C’est la question posées aux auditeurs de Sud Radio par Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 14 Janvier.
Avec pour invités :
- Daniel Barbe, maire de Blasimon (905 habitants), et président de l’Association des Maires Ruraux de Gironde ;
- Florian Silnicki, communiquant et fondateur du cabinet LaFrenchCom ;
- Jean-Baptiste Djebbari, député LREM de la Haute-Vienne ;
- Torya (c’est une femme), agent ferroviaire et Gilet Jaune de Seine-et-Marne.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Concrètement, les mesures qui pourraient sortir du grand débat national peuvent-elles permettre de résoudre la crise ? C’est ce que promet Emmanuel Macron dans la lettre qu’il adresse aujourd’hui aux Français.

Un vrai risque de frustrations

"Transformons la colère en solutions". "C’est une lettre étonnante puisqu’elle fait cinq pages avec des questions très concrètes sur les thèmes définis, estime Véronique Jacquier. Exemple : la fiscalité. « Quels impôts faudrait-il baisser en priorité ? » demande le chef de l’état. Les français vont répondre tous les impôts ! Autre question : sur les services publics. « Faut il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers ? » Alors là, cela se corse pour la réponse. Il faut que les Français soient capables de faire un audit des services publics !" Il est fort probable qu’une bonne partie des personnes interrogées réponde qu’il n’y a pas de services publics dépassés, mais seulement des services publics mal utilisés.
Et ensuite ? Que se passera-t-il ? "Soit Emmanuel Macron tient compte de toutes les remontées et il sera sans doute contraint dans sa politique, détaille Véronique Jacquier. Ce n’est pas le but recherché puisqu’il ne veut pas changer de cap. Soit il ne tient pas compte des résultats du grand débat national. La crise des Gilets Jaunes perdure et le débat engendrera beaucoup de frustration."
 
Mais certains Gilets Jaunes disent déjà que le débat national ne les intéresse pas. Ils réclament du concret, comme une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité. Dans sa lettre Emmanuel Macron affirme qu’il n’y a pas de débat interdit, y compris sur l’immigration. Mais quel crédit accorder aux résultats du débat si une majorité de Gilets Jaunes refusent de participer et si une majorité de Français s’en désintéresse ? "L’organisation de ce débat national est encore floue. C’est un comble alors que cela commence demain !" Tout semble reposer sur les épaules des maires. Les réunions locales doivent être déclarées sept jours avant leur tenue. Les élus ont reçu un kit avec des statistiques et des données démographiques et économiques pour éviter que les discussions ne s’égarent… C’est individuellement que les Français engagés dans le grand débat vont chercher des solutions. "Mais collectivement allons nous en trouver ? En sommes-nous capables ? C’est un autre débat…"

Les maires seuls en première ligne

"Nous n’avons absolument pas de kit en mairie qui soit arrivé, souligne pour sa part Daniel Barbe, maire de Blasimon et président de l’Association des Maires Ruraux de Gironde. À l’heure où nous parlons, nous n’avons reçu absolument aucune directive. Ce qui me fait peur, une fois regardé ce courrier envoyé au Français, c’est que nous avons des questions dirigées, qui semblent vouloir amener les Français à faire ce qu’Emmanuel Macron souhaite. Le pouvoir d’achat n’est pas abordé, il n’y a pas une question sur les augmentations de salaires et des retraites.

L’autre question absente, c’est l’injustice fiscale, le retour de l’ISF. C’est quelque chose qui est ressorti systématiquement. Les gens qui viendront dans ces réunions vont tout mettre sur la table. Comment allons-nous faire remonter tout cela ? Je ne sais pas très bien. Comment un maire peut-il se retrouver tout seule ne première ligne ? Certains de mes collègues ne sont pas prêts à organiser ces débats. Il faut que nous ayons des élus, des députés et des hauts fonctionnaires à nos côtés. Je ne veux pas être pris en otage ; je suis un facilitateur de débats, car il faut que ces personnes entendent ce malheur existant actuellement en France."
 

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