Gilets Jaunes : faut-il interdire les flashballs LBD dans les manifestations ?

violence Gilets Jaunes
Des forces de polices pas assez formées à l'usage de ces nouvelles armes. AFP

Faut-il interdire les lanceurs de balle de défense dans les manifs ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 30 Janvier. Avec pour invités :
- Jean-Claude Félix-Tchicaya, chercheur pour l'Institut de Prospective et Sécurité en Europe (IPSE) ;
- Philippe-Henry Honegger, avocat pénaliste au cabinet Ruben & associés ;
- Faouzi Lellouche, Gilet Jaune à Sevran ;
- Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police FO.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

 

Le Conseil d’État examine aujourd’hui les recours déposés par la CGT et la ligue des droits de l’homme quant à l’interdiction de l’usage des flashballs LBD. Elles demandent la suspension de cette arme du fait des graves blessures qu’elles infligent.

Une arme de catégorie intermédiaire, mais dangereuse

Avec le mouvement des Gilets Jaunes, les forces de l’ordre font face à une situation inédite : des mobilisations tous les samedis et des formes de violences difficiles à maîtriser quand des anarchistes se mêlent aux casseurs qui eux-mêmes se mêlent aux Gilets Jaunes. "Pour les policiers, le lanceur de balle de défense - qui remplace maintenant le flash ball - est incontournable dans les manifestations pour deux raisons, estime Véronique Jacquier. Maintenir à distance des individus jugés dangereux qui ne seraient pas maîtrisables avec un seul canon à eau, et donc éviter le corps-à-corps, la matraque et l’utilisation de l’arme de service, qui peut tuer."

Le lanceur de balle de défense est considéré comme une arme de catégorie intermédiaire, mais elle n’en est pas moins dangereuse. Au total, 17 personnes ont perdu un œil depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, et 101 enquêtes sont actuellement menées par la police des polices. Pour autant, la polémique sur l’utilisation du lanceur de balle de défense ne date pas d’aujourd’hui. Jacques Toubon, le défenseur des droits, demandait déjà son interdiction l’an passé, tandis que Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, ne voulait plus que cette arme soit utilisée durant les manifestations. Mais les scènes de guérilla en plein Paris au mois de décembre l’ont convaincu du contraire.

1280 lanceurs de balles de défense commandés juste avant Noël

Juste avant Noël, 1280 lanceurs de balles de défense ont été commandés. La France est d’ailleurs le seul pays d’Europe à utiliser cette arme ! Mais est-il possible de s’en passer dans le climat actuel ?
"Il faut se poser la question suivante : les munitions utilisées sont elles adaptées ?, s’interroge Véronique Jacquier. Dans certains pays, la charge en poudre est moins importante donc la puissance de la projection de la balle est moins forte. Les dégâts, les blessures humaines sont beaucoup moins graves." Reste ensuite à résoudre le problème du comportement individuel du policier avec cette arme. Les CRS, les gendarmes mobiles, la brigade anti-criminalité, tous peuvent s’en servir mais tous ne sont pas bien formés à son utilisation, tant physiquement que psychologiquement : à peine une journée par an pour tirer sur une cible statique ! . "Alors, oui, il faut interdire le lanceur de balle de défense que nous connaissons pour un modèle moins dangereux, et surtout il faut avoir des policiers mieux formés."
 
"Ce qui a posé problème, c’est le manque d’intermédiaires et de service d’ordre qui normalement est organisé par les syndicats et les partis,
estime Jean-Claude Félix-Tchicaya, chercheur pour l'Institut de Prospective et Sécurité en Europe Et malheureusement, aussi, le mélange de corps de police. Le manque de formation es assez notoire et peut conduire à des comportements qui ne sont pas ceux qu’il faut, compte tenu de la dangerosité de l’arme qu’ils ont entre les mains. Le flash ball et son successeur ne doivent être utilisés que quand il y a une dangerosité actuelle immédiate, au lieu de sortir une arme létale pour repousser le manifestant plus qu’agressif. Il faut revoir le temps de formation des policiers, et la stratégie, la façon de manifester, avec l’incursion de mouvements violents."


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