Géraldine Woessner : "Il n'y a pas eu d'augmentation des cancers de la tyroïde après Fukushima"

Géraldine Woessner, journaliste au "Point" et auteure de l’article : "Zéro mort, aucun mort : le vrai bilan de l’accident nucléaire de Fukushima", et Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, journaliste, auteur de "Fukushima : Tremblements & stupeur. 10 ans après" (éditions Guy Trédaniel), étaient les invités d’André Bercoff, lundi 3 mai, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Dix ans après la catastrophe de Fukushima, les chiffres sur le nombre de victimes continue à faire débat. KOJI SASAHARA / POOL / AFP)

Si Jean-Michel Jacquemin-Raffestin ne s'est jamais rendu sur les lieux du drame, c'est une véritable enquête longue de six ans qui a donné naissance à son livre. De quoi contester l'article signé par Géraldine Woessner qui s'appuie sur les archives et les études "qui font consensus" sur les conséquences de l'explosion de la centrale nucléaire, en mars 2011.

 

"Des problèmes à la tyroïde"

Des études qui se basent sur un suivi de "360.000 enfants qui avaient moins de 18 ans au moment du drame" pour détecter de potentiels excès de cancer. "Dans un premier temps, on a trouvé des problèmes à la tyroïde", admet la journaliste qui précise que quelque temps plus tard, "on a fait exactement la même étude sur la même population d'enfants sur des zones qui n'étaient pas du tout touchées du Japon", en trouvant "exactement les mêmes taux". 

D'après le consensus scientifique qui se base sur les études réalisées depuis dix ans, "on sait de façon certaine, qu'il n'y a pas eu d'augmentation des cancers de la tyroïde après Fukushima", assure Géraldine Woessner qui explique ces résultats par "des doses de radiation en réalité très faibles, auxquelles étaient soumises les populations".

 

Un consensus scientifique ?

Des résultats que conteste Jean-Michel Jacquemin-Raffestin qui rapporte les propos d'une professeure japonaise qui soulignait "une incidence 84 fois supérieur au cancer de la tyroïde". "C'est faux", réplique la journaliste. Mais l'auteur persiste, rapportant que "le Japon lui même reconnaît 202 cancers de la tyroïde chez les enfants". Des cancers dont "le lien avec les retombées radioactives n'ont pas pu être établis", pour Géraldine Woessner.

La journaliste se défend d'avoir "donné des faits qui font consensus sur les conséquences sanitaires de cet accident". Un article pour donner ce consensus mais dont Jean-Michel Jacquemin-Raffestin déplore qu'il soit repris dans toute la presse. "Tous les journaux français ont tous titrés 'Fukushima : dix ans après, aucun effet sanitaire'", pointe-t-il. Ce dont conclut le rapport, pour la journaliste du Point. 

 

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