Malgré une fermeture décidée pour raisons sanitaires, la plage de l’Huveaune continue d’attirer chaque jour de nombreux baigneurs à Marseille. Le manque d’information crée une incompréhension chez les usagers. Une situation qui illustre les difficultés de la ville à concilier santé publique et accès au littoral en pleine saison estivale.
"Rien n’indique que la baignade est interdite"
Sous le soleil marseillais, les serviettes s’installent sur le sable et les baigneurs affluent comme à leur habitude. Pourtant, à la plage de l’Huveaune, l’eau est officiellement interdite à la baignade pour toute la saison en raison de sa mauvaise qualité. Un détail que beaucoup découvrent… après avoir plongé.
Henri sort tout juste de l’eau lorsqu’il apprend la nouvelle : "C’est vrai ? C’est quoi écrit ? Visiblement je ne suis pas le seul à ne pas le savoir", s’étonne-t-il.
Sur place, aucun panneau visible, aucun drapeau spécifique ni signalisation évidente ne viennent avertir les visiteurs. Une absence d’information qui choque également cette mère de famille venue passer l’après-midi avec son jeune enfant. "Il n’y a pas de drapeau, donc rien ne m’indique que c’est interdit. Je suis venue avec mon petit de 2-3 ans, je ne peux pas me baigner ? Bien sûr que ça fait rager. Si mon fils attrape des microbes dans l’eau, ça craint", déplore-t-elle.
"Épluchures Beach"
Surnommée "Épluchures Beach" en raison de la mauvaise qualité récurrente de son eau, la plage de l’Huveaune traîne depuis longtemps une réputation difficile. Cette année, les autorités ont donc choisi une mesure radicale : interdire totalement la baignade pendant toute la saison estivale.
Une décision difficile à accepter pour certains habitants, particulièrement à l’approche des vacances. "C’est la première fois que j’entends ça. Quand vous avez des enfants, qu’il y a le sable et que la plage est juste à côté, c’est vraiment gênant", regrette un usager.
"Il faut s’adapter aux injonctions de l’État"
À la mairie de Marseille, l’adjoint à l’environnement Hervé Menchon défend pourtant le dispositif mis en place jusque-là et pointe du doigt une réglementation trop rigide. "Il faut s’adapter aux injonctions de l’État, qui est seul responsable de la volonté de fermeture", affirme l’élu.
Selon lui, la ville disposait jusqu’à présent d’un système performant d’analyse de l’eau permettant d’alerter rapidement en cas de pollution tout en maintenant l’accès à la baignade lorsque les conditions sanitaires le permettaient. "Nous avons aujourd’hui un système d’analyse des eaux de baignade sur la plage de l’Huveaune qui est très performant et qui permettait de donner l’alerte au moment de la pollution et de maintenir la baignade quand il n’y avait pas de pollution. Mais la réglementation fait que nous dépendons de lois et de textes qui ne le prennent pas en compte", explique-t-il.
Les autorités rappellent toutefois que vingt autres plages restent ouvertes à la baignade dans la cité phocéenne. Reste que pour de nombreux Marseillais, le manque d’information sur la fermeture de l’Huveaune continue de poser problème.