Faut-il interdire les cirques d'animaux sauvages ?

Le bien-être animal est au coeur d'une polémique : faut-il interdire les bêtes sauvages dans les cirques ? De par leur itinérance, ils ne répondraient, en effet, pas aux normes biologiques des ces animaux.

Les éléphants n'auraient pas une nourriture assez riche dans les cirques et les transports entraîneraient des accidents. (Photo by YANN COATSALIOU / AFP)

Il y a de plus en plus de pression sur les villes qui reçoivent des cirques. Une manifestation a ainsi eu lieu lundi 26 août à Toulouse pour que le maire interdise la venue d'un cirque avec animaux sauvages. Qu'en est-il du bien-être animal ?

 

"J'ai eu des croix gammées sur mes affiches. Il est où le bien-être animal ?"

James Douchet, directeur de cirque et porte-parole de l’Association des cirques de famille de France, répond : "Il n'y a pas 350 villes qui ont pris position contre les cirques avec animaux mais une soixantaine. Les personnes qui sont venues manifester à Toulouse, pour moi, ne sont pas là pour dénoncer la maltraitance des animaux, ils sont racistes contre le cirque. Ils nous en font voir de toutes les couleurs toute l'année. Avec Paris animaux Zoopolis, même autour d'une table, on ne peut pas avoir de dialogue avec eux. Nous pouvons discuter avec les autres associations. Mais cette année, j'ai eu des croix gammées taguées sur mes affiches. Il est où le bien-être animal ?"

Julie Lasne, éthologue de terrain et conservationniste des animaux sauvages, spécialisée dans les grands fauves et les éléphants, est contre la présence d'animaux dans les cirques : "Les cirques, de par leur itinérance, ne peuvent pas répondre aux impératifs biologiques de tous ces animaux-là. La captivité de manière générale ne peut pas y répondre, mais l'itinérance encore moins. Ils ne peuvent pas offrir des enclos et un espace suffisant à des animaux qui ont besoin d'un grand espace territorial, qui ont besoin de se déplacer pour des besoins physiques. Les éléphants, par exemple, font jusqu'à 40 kilomètres, en moyenne 17 par jour, cela a une fonction biologique d'usure de leurs pieds et ils ont ces besoins-là également pour la fonction de digestion, mais également pour trouver leur nourriture".

Une nourriture trop pauvre pour les éléphants de cirque, avec des carences

L'éthologue poursuit : "Le cirque ne permet pas la variabilité de la nourriture qu'ils ont à l'état sauvage. Cette nourriture est extrêmement pauvre, avec des carences. Les transports sont également source de nombreux problèmes, de santé et d'accidents. Non seulement c'est un stress intense pour les animaux, vous avez des risques d'écartèlement pour certains animaux, mais également, bien que ce soit obligatoire, les cornes, les sabots, les défenses ne sont pas protégés". James Douchet répond à cela que "Pour les transports, aujourd'hui, on se déplace beaucoup moins qu'avant. On faisait des villes d'un jour. Maintenant, les cirques font des villes d'une semaine, voire deux et même parfois trois".