Fabrice Nicolino dénonce le "crime presque parfait" des pesticides

Fabrice Nicolino, auteur de l'enquête sur les pesticides : "Le crime presque parfait" (éditions Les liens qui libèrent), dénonce la "fuite en avant" des défenseurs de l'utilisation de ces produits toxiques.

Fabrice Nicolino invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé dans la question des pesticides était l’invité d’André Bercoff, lundi 16 septembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

 

Le pesticide pour reconstruire la France

Le crime est presque parfait. C'est à travers une enquête revenant aux origines des pesticides que le journaliste Fabrice Nicolino dénonce l'utilisation de ces produits à la toxicité avérée. Apparus en France dans les années après-guerre, les pesticides ont permis "d'augmenter les rendements dans l'agriculture" pour nourrir une population encore dépendante des tickets de rationnement. "On ne savait rien sur la toxicité des pesticides", note le journaliste qui avoue qu'il aurait certainement "été partisan de son utilisation" s'il avait vécu à cette époque. "On créait quelque chose, ça marchait et on n'avait pas l'impression que c'était toxique", continue Fabrice Nicolino qui marque le tournant de cet âge d'or du pesticide à la sortie du livre de Rachel Carson qui démontre la toxicité des pesticides et les risques de cancer pour la population.

S'ensuit alors une bataille entre lobbyistes et les lanceurs d'alerte. "Monsanto refuse l'évidence et continue à avancer avec mauvaise foi, mensonges et désinformation", dénonce Fabrice Nicolino. Pourtant, des centaines d'études internationales sur le sujet admettent l'évidente réalité : un grand nombre de pesticides sont d'une extrême toxicité. "Il y a une fuite en avant" en France, l'un des pays qui consomme le plus de pesticides dans le monde. Les défenseurs de l'utilisation de ces produits chimiques arguent l'impossibilité de "relier l'exposition à un pesticide avec une maladie qui apparaît bien des années plus tard".

71.000 nouveaux cas de cancer de la prostate

Le journaliste établit le parallèle entre la problématique de la toxicité des pesticides et le dérèglement climatique. "On sait qu'il existe, mais pendant 20 ans on a eu une mobilisation extraordinaire pour nier l'existence de ce dérèglement", déplore Fabrice Nicolino. "Cela fait perdre 20 ans à la société humaine et on vit la même chose avec les pesticides". Et le constat des milliards d'abeilles tuées rien qu'en France n'a pas fait baisser sa production. "On a le record du monde de cancer de la prostate pour 100.000 habitants", note l'auteur du livre Le crime est presque parfait (éditions Les liens qui libèrent).

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !