Exclusif - 71 % des Français estiment que l'insécurité a augmenté ces derniers mois

Notre enquête Ifop-Fiducial pour Sud Radio et CNews atteste d'un "sentiment d'insécurité" en nette hausse depuis le début du quinquennat Macron. En voici les grands traits et les enseignements.

Cambriolage chez le couple Tapie, affaire Yuriy, meurtres conjugaux, les exemples récents de faits divers sordides sont légion. (Photo de Stéphane de Sakutin / AFP)

Ils ne sont qu'un quart des Français à considérer que la délinquance est restée à un niveau "stable" ces derniers mois, 4 % estiment qu'elle a diminué tandis que - et là est l'enseignement majeur de cette étude - l'écrasante majorité déplore une hausse de la délinquance (71 %). C'est douze points au-delà des chiffres de septembre 2018, lorsque 59 % des sondés constataient une insécurité grandissante.

Ensuite, comme le montraient des études et les statistiques du ministère de l'Intérieur, la campagne et les communes rurales ne sont pas épargnées non plus. 66 % des habitants de ces zones disent avoir vu la délinquance augmenter.

En réponse, quelles sont les mesures plébiscitées des Français ?

Après la médiatisation de la décision du maire de Poissy, Karl Olive, de supprimer les aides sociales aux familles des mineurs récidivistes, comme l'avait fait auparavant son confrère de Valence, Nicolas Daragon, 48 % des Français citent le fait de "priver les familles de mineurs délinquants multirécidivistes des aides sociales" comme une mesure efficace. Suivent l'expulsion des délinquants étrangers après qu'ils aient purgé leur peine (45 %) puis l'application systématique des peines prononcées. Plus intéressant encore, le service militaire obligatoire est en vogue : 42 % des Français estiment qu'il serait efficace de le rétablir, c'est neuf points de plus qu'en septembre dernier.

L'amer bilan d'Emmanuel Macron

Alors qu'ils étaient 59 % à considérer le bilan du chef de l'État comme négatif dans la lutte contre l'insécurité, ce sont désormais trois Français sur quatre qui jugent sévèrement son bilan.

 

La lutte contre l'insécurité est plus que jamais devenue un enjeu électoral

Particulièrement éclairant, 55 % des sondés se disent prêts à ne pas voter pour un candidat proche de leur sensibilité électorale si ce dernier ne consacrait pas une partie importante de son programme à la lutte contre la délinquance. Ce chiffre est particulièrement élevé chez les électeurs de la France Insoumise et des Républicains (63 % pour les deux partis). À bon entendeur, à l'heure des potentielles alliances et tactiques politiques, à un an des présidentielles.

 

L'analyse de Frédéric Dabi : "Plus le quiquennat avance, plus les Français semblent mécontents"

Le directeur adjoint de l'Ifop-Fiducial dresse un bilan accablant pour le président de la République. "À peine un quart des Français considèrent que le bilan d'Emmanuel Macron est positif en termes de lutte contre l'insécurité, c'est très faible. C'est en-dessous de sa cote de popularité qui s'étalonne autour de 40 %. Surtout, c'est une chute vertigineuse par rapport au passé : en avril 2018, 41 % des Français jugaient le bilan positif, en octobre 2019, ce chiffre baissait à 32 %, on est maintenant à 26 %."

 

Notre reportage Sud Radio sur l'insécurité par temps de couvre-feu et de confinements

 

Par Clément Bargain. Avec le couvre-feu, Lucille n'est pas vraiment rassurée, d'autant qu'il lui arrive régulièrement de rentrer tard et seule chez elle.

 

"Je me sens moins en sécurité parce qu'il n'y a personne pour me défendre. Déjà avant, les gens ne réagissaient pas beaucoup, là je trouve que c'est encore pire. Tu te sens de plus en plus seule."

Même ressenti pour Mona qui a dû faire avec les moyens du bord et trouver quelques astuces.

"Tu peux prendre tes clés dans la main, c'est psychologique. Ou alors j'appelle une amie et je fais semblant que c'est mon père qui vient bientôt me chercher, je fais semblant de le voir au bout de la rue alors que la rue est complètement déserte."

Des cambriolages facilités par l'exode urbain lors des confinements ? C'est notamment la mésaventure subie par Nicolas qui vit dans le XVIIème arrondissement de Paris et qui était parti se confiner loin de la capitale.

"Après une semaine d'absence, j'ai pu retrouver ma porte d'entrée, défoncée au pied-de-biche. La lumière de ma chambre était allumée, les affaires éparpillées partout sur mon lit et sur le sol avec ma commode complètement renversée sur mon lit. Comme les gens désertent Paris, dans ma résidence il n'y avait pas grand-monde donc c'est beaucoup plus facile pour les cambrioleurs d'entrer."