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Européennes: Bardella au centre des critiques pour un premier débat à sept

"Agent de l'étranger", parti de la "flemme nationale": les sept principaux candidats aux élections européennes ont pour la première fois débattu ensemble dimanche, concentrant la plupart de leurs piques sur l'ultra-favori des sondages, Jordan Bardella.

JOEL SAGET - AFP

"Agent de l'étranger", parti de la "flemme nationale": les sept principaux candidats aux élections européennes ont pour la première fois débattu ensemble dimanche, concentrant la plupart de leurs piques sur l'ultra-favori des sondages, Jordan Bardella.

Le candidat du Rassemblement national, Valérie Hayer (Renaissance), Raphaël Glucksmann (PS-Place publique), Manon Aubry (LFI), Marie Toussaint (Les Écologistes), François-Xavier Bellamy (LR) et Marion Maréchal (Reconquête!) ont débattu durant deux heures, invités du Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Paris Première.

La première partie des échanges, consacrée aux enjeux de défense européenne et à l'Ukraine, a planté le décor.

M. Bardella a été la cible d'attaques de ses rivaux en raison des liens de son parti avec la Russie, qui lui a octroyé plusieurs prêts par le passé.

"Vous êtes un agent de l'étranger", lui a lancé Marie Toussaint, tandis que Valérie Hayer reprochait au RN de n'avoir jamais soutenu les "condamnations (du Parlement européen) contre l'emprisonnement de l'opposant russe" Alexeï Navalny, décédé en prison depuis, et que Raphaël Glusckmann soulignait son vote contre la création d'un fonds européen de défense.

"Vous avez l'air bien d'accord depuis un quart d'heure", a raillé M. Bardella.

Autre angle d'attaque, celui du travail fourni par l'eurodéputé au Parlement européen, avec seulement "21 amendements" déposés en l'espace de cinq ans. "Vous n'êtes plus le parti à la flamme nationale, mais bien le parti à la flemme nationale", a ironisé Mme Aubry.

Ou encore celui de sa présence sur les réseaux sociaux: "lisez les textes que vous votez, arrêtez de passer votre temps sur TikTok", lui a lancé M. Glucksmann, qui a lui-même quitté ce réseau en raison de ses liens avec la Chine.

- "Moment de bascule" -

MIGUEL MEDINA - AFP

Aguerri à l'exercice, le candidat du RN a déroulé ses arguments, fustigeant "l'Europe de Macron avec une immigration imposée, l'écologie punitive, l'enfer fiscal pour nos chefs d'entreprise, la concurrence déloyale, la guerre de tous contre tous".

La candidate macroniste - mise en difficulté dans la partie consacrée à l'immigration, alors qu'elle a refusé de répondre à la question de savoir s'il y avait "trop d'immigration" en France - a souligné l'enjeu "historique" de ces élections.

"Dans ce moment de bascule" elle a invité les électeurs à faire le choix d'une Europe qui les "protège", en renforçant la défense européenne et la sécurité des frontières, en engageant "un grand choc d'investissements pour être compétitifs" et en défendant son "modèle démocratique".

Si les débatteurs se sont tenus à distance des controverses sur le Proche-Orient qui agitent le débat national depuis plusieurs mois, M. Bardella n'a pas manqué de caricaturer Manon Aubry en "Mme Hamas", après qu'elle l'a accusé de jeter "l'opprobre sur nos concitoyens de confession musulmane".

A gauche, les échanges ont été moins corrosifs que ce que pouvaient laisser augurer les polémiques incessantes entre la France insoumise et le PS ces derniers jours.

"Raphaël si tu veux être cohérent quitte le groupe PSE", le parti socialiste européen, a cependant lancé Manon Aubry à M. Glucksmann, lui reprochant les votes du groupe auquel il appartient, qui ont contribué in fine à "l'austérité budgétaire", les accords de libre échange et la réforme du marché de l'énergie.

Marie Toussaint a elle fustigé le "bal des Tartuffe" de ceux qui pensent à droite et à l'extrême droite que "pour protéger l'environnement surtout il ne faudrait rien faire", et pointé les supposés revirements du président de la République sur le sujet.

Le candidat de la droite François-Xavier Bellamy a lui tenté de tirer son épingle du jeu en rappelant que les députés LR appartiennent au premier groupe du Parlement européen, celui du PPE, tout en appelant à "changer de cap". "C'est nous qui pouvons obtenir que Madame (Ursula) von der Leyen (actuelle présidente de la Commission européenne, issue du PPE, NDLR) n'ait pas un second mandat", a-t-il défendu.

A l'extrême-droite, la candidate Reconquête! Marion Maréchal s'est gardée de critiquer le candidat du RN, mais conclu qu'il n'y avait pas de "vote perdu" dans un scrutin à la proportionnelle, manière d'éviter un effet "vote utile" en faveur du RN dont elle est issue.

Par Stéphanie LEROUGE / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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