Et si on revenait en septembre à l'école ?

12 millions d’élèves entament leur troisième semaine d'enseignement à distance. La pression commence aussi à monter pour les élèves qui doivent passer des examens, comme le brevet ou le bac. Jean Michel Blanquer explique que l'on pourrait prendre en compte des notes en contrôle continu et maintenir une épreuves sur table en juin. Mais des voix commencent à s’élever pour lui demander de tout repousser à septembre, afin que les élèves passent leurs examens sereinement.

12 millions d’élèves entament eux aussi leur troisième semaine d'enseignement à distance. © AFP

Reportage de Christine Bouillot pour Sud Radio.

 

"Donner un bac sur du contrôle continu, on pourrait le faire tout de suite puisqu'on a 2 trimestres !"

La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) de Haute-Garonne a lancé une enquête auprès des familles : entre difficulté de suivre des cours à distance, rester motivé, cohabiter dans les logements, les retours ne sont pas bons, surtout dans le secondaire. Pour Muriel Paletou, présidente de la FCPE 31, vouloir faire passer le bac en pleine crise du Covid-19 est déraisonnable. "Donner un bac sur du contrôle continu, on pourrait le faire tout de suite, ce n'est pas la peine d'attendre, puisqu'on a 2 trimestres ! explique-t-elle à Christine Bouillot. Ça veut dire des oraux sur quelque chose, mais sur quoi ? s'interroge-t-elle. On ne sait pas ce que peut donner l'état psychologique des enfants quand il vont rentrer et on n'a aucune visibilité sur le professionnel"  ajoute-t-elle. Pour elle, il vaut mieux se dire "l'échéance est en septembre plutôt que de dire que ce sera le 4 mai, puis peut-être juin..."

L'urgence n'est pas de passer le bac estime également Jean-François Berthelot, professeur en lycée et président du syndicat national des lycées et des collèges. "Cette situation de la part de nos dirigeants, du ministère de l'Éducation nationale, qui voulait absolument la continuité pédagogique, qu'on conserve les examens, on n'y arrivera pas !" assure-t-il.

 

"Il faudra être prêts en juin à passer un examen comme si de rien n'était"

Beaucoup trop d'élèves rencontrent des difficultés pour suivre le programme de ce troisième trimestre à distance, avec des montagnes de difficultés liées au virus explique Laurent Mousset, professeur de mathématiques et adhérent au Syndicat national des enseignements de second degré (SNES). "L'épidémie touche des famille, il y a des situations extrêmement compliquées de mères célibataires par exemple, qui ont beaucoup de difficultés à tenir le quotidien du confinement, des parents sont obligés de continuer à aller travailler. Et ils continuent à dire aujourd'hui que les examens doivent se dérouler comme prévu regrette-t-il. Les lycéens de terminale se disent qu'ils sont plus ou moins livrés à eux-mêmes, en faisant comme ils peuvent depuis chez eux, mais qu'il faudra être prêts en juin à passer un examen comme si de rien n'était".

 

 

Au ministère, plusieurs options sont sur la table, à condition d'un retour en classe courant mai. Jean-Michel Blanquer promet des réponses d'ici la fin de la semaine.

 

"Il y a de plus en plus d'enfants de soignants qu'il faut accueillir, mais on ne nous en donne pas les moyens"

Inquiétude également du côté des enseignants et du personnel municipal chargés de garder les enfants de ceux qui travaillent : ils n’ont ni masques, ni gel. De nombreuses écoles sont restées ouvertes pour faire garderie, mais le manque de protection se fait ressentir notamment à Marseille, où les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Il y a de plus en plus d'enfants de soignants qu'il faut accueillir, mais on ne nous en donne pas les moyens déplore Élodie Boussarie du syndicat Sud Éducation au micro de Lionel Maillet. "Les personnels accueillis dans les écoles en ce moment, que ce soit le personnel enseignant ou le personnel municipal, n'a pas de masque dans la majorité des cas déplore-t-elle. Il manque aussi de gel hydroalcoolique.

Parfois il manque du personnel municipal, ce qui peut poser problème de désinfection des locaux ajoute-t-elle. Il faut que l'ensemble des individus qui sont dans les écoles soient protégés. Selon elle, c'est à l'État et aux collectivité territoriales d'apporter ces garanties-là".

 

 

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