Entreprises de sécurité privée : "L'armement sera soumis à des règles très strictes"

Claude Tarlet, président de l’USP Sécurité (Union des Entreprises de Sécurité Privée)

Président de l’USP Sécurité (Union des Entreprises de Sécurité Privée), Claude Tarlet était l’invité du Grand Matin Sud Radio, à l’heure où ce secteur est en plein essor depuis quelques années.

Les Français veulent plus de coopération entre la police et la sécurité privée. C’est l’un des enseignements qui ressortent du dernier baromètre Fiducial sur la sécurité, dans lequel on apprend également que 60% des Français déclarent avoir une bonne image des métiers de la sécurité privée. Président de l’USP Sécurité (Union des Entreprises de Sécurité Privée), Claude Tarlet était l’invité du Grand Matin Sud Radio pour réagir à ce qui est, pour lui, une évolution. "On a franchi un cap depuis les attentats de 2015 et l’engagement très fort des entreprises privées de sécurité dans le cadre de l’Euro 2016. La relation avec l’opinion est différente, et les entreprises ont fait de réels efforts pour améliorer l’éthique, la compétence et la transparence. Aujourd’hui, elles apparaissent aussi comme des entreprises pouvant offrir des emplois et des perspectives de carrière. Voilà ce qui change", explique-t-il.

"Les agents privés ne sont pas en compétition avec la police mais en appui"

"Les Français ont pris conscience, même si c’est encore difficile, qu’ils sont dans un paysage malheureusement durable avec une menace terroriste qui sera quotidienne dans leur existence. À l’évidence, ils prennent davantage conscience de la nécessité d’avoir sur le terrain des policiers, des gendarmes, des militaires, mais aussi des agents privés de sécurité", ajoute-t-il.

Claude Tarlet est par ailleurs revenu sur l’un des débats qui gravitent perpétuellement autour de la sécurité privée : la définition des rôles entre acteurs privés et publics sur les théâtres d’opération. "Il y a des débats ponctuels, mais fondamentalement, la sécurité appartient à l’État, dont c’est le rôle. De ce point de vue, les agents privés de sécurité ne sont pas en compétition avec la police, les gendarmes et les militaires. Nous sommes en appui, dans des espaces privés mais parfois ouverts au public, et notre mission est clairement définie. Ce qui est important, c’est qu’il y ait une vraie doctrine d’emploi, que chacun soit bien à sa place : à l’État l’ordre public, aux entreprises l’appui dans le respect des libertés individuelles", rappelle-t-il.

"L'armement ? Nous-mêmes professionnels sommes extrêmement prudents"

Quant à la question de l’armement, Claude Tarlet s’est voulu rassurant, tout en confessant que la législation en la matière pourrait très bientôt évoluer. "L’armement est un fantasme. Il y a une évolution sur certains secteurs sensibles qui permettra à des femmes et des hommes venant principalement de la police, de la gendarmerie, de l’armée ou des services spéciaux, d’être intégrés dans des entreprises privées de sécurité spécialisées pour effectuer des missions sensibles. Mais tout ceci va être encadré par un dispositif législatif très clair. Il y aura des règles très strictes pour le recrutement, la formation et l’encadrement", affirme-t-il. "Dans certains espaces ouverts au public, les textes prévoient la possibilité sous contrôle d’équiper les agents de sécurité de ces dispositifs. Mais pour l’instant, tout cela n’est pas encore en place. Les arrêtés font l’objet de nombreuses concertations et il y a beaucoup de débats. Nous-mêmes professionnels sommes extrêmement prudents sur l’évolution de ce dispositif", souligne-t-il.

La question de la formation des personnels et de leur évaluation psychologique est notamment au centre des débats sur l’armement du secteur privé. "L’enjeu majeur de la formation est dans le comportement, l’attitude qui doit être observée vis-à-vis du citoyen. Nous travaillons en lien avec l’État pour créer un institut de formation aux métiers de la sécurité privée. Il y a une école nationale de la police et de la gendarmerie, il faut dans ce pays un institut de formation pour le privé, pour attirer des femmes et des hommes vers ce métier", déclare Claude Tarlet.

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