Enseignants et parents d'élèves mobilisés contre la loi Blanquer

Parents et professeurs sont mobilisés contre la loi Blanquer à Paris et en Ile-de-France. Le "projet de l’école de la confiance" du ministre de l’Éducation nationale est loin de faire l’unanimité. Fusion des écoles et des collèges, remplacement des enseignants par des contractuels et des étudiants, école obligatoire dès l’âge de trois ans. C’est tout le programme Blanquer qui est remis en question. Une semaine auparavant, plus d’un instituteur sur trois a fait grève à Paris, et ils comptent bien poursuivre la mobilisation ce jeudi avec une journée "écoles désertes" contre cette réforme qui doit bientôt être présentée au Sénat.

Reportage de Clément Bargain

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Père de trois enfants, Damien compte bien protester contre la loi Blanquer ce jeudi.

"Je prends une journée de RTT pour garder les enfants. Ma fille ne va pas à l'école, ni mon fils qui est au collège."

En Ile-de-France, parents et professeurs sont main dans la main. Parmi les points les plus critiqués, la création d’établissements dits "des savoirs fondamentaux". École et collège pourraient être regroupés dans certaines académies, ce qui inquiète Jérôme Lambert, secrétaire général du SNUIPP-FSU Paris 

"Le ministre a souhaité diluer les écoles élémentaires et maternelles au sein du collège, les mettre sous la coupe des principaux de collège."

Disparition des directeurs d'école?

Du côté des parents, on craint la disparition des directeurs d’écoles, même si Jean-Michel Blanquer se veut rassurant. 

"Il peut dire que la suppression des directeurs d'école n'est pas inscrite dans la loi, mais il ne peut pas dire non-plus que leur maintien est assuré. Or s'il n'y a plus de directeur dans les écoles, les parents n'auront plus aucun raccord avec l'école."

Au delà de la loi Blanquer, c’est toutes les réformes du ministre de l’éducation qui sont critiquées, comme l'exprime Jean-Jacques Renard, vice-président de la Fédération des parents d’élèves.

"Pour faire une comparaison très limitée avec les gilets jaunes: leur mouvement est né à cause de l'augmentation de la taxe sur les carburants, mais très vite le sujet a été tout le contexte. Là aussi le déclenchement, c'est cette loi, qui fait finalement prendre conscience qu'on est perdus."

Parents et professeurs ne comptent pas baisser la garde: d'autres actions sont prévues tout au long du printemps.