En Aveyron, des éleveurs pourront abattre les loups en cas d'attaque

Le préfet référent loup a annoncé des mesures aux éleveurs du Larzac exaspérés par les attaques, ce mardi: 150 brebis tuées rien que l’an dernier. Le causse du Larzarc avec ses 315 fermes, 41 villages et 150.000 brebis devient une zone dite "difficilement protégeable":  cela ouvre la porte à l’abattage des loups par les éleveurs eux-mêmes  en cas d’attaque. Mais la mesure ne règle pas tout.

Reportage à Cornus de Christine Bouillot 

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Les éleveurs du Larzac ont désormais le droit de se défendre contre les attaques de loups en usant de leurs fusils. Le feu vert administratif laisse pourtant dubitatif Sebastien Pons , éleveur de brebis à Cornus : 

"Même si on a le droit de le tuer ou de s'en protéger, il faut arriver à le voir. Donc nous devrons  y passer du temps, embaucher du monde, monter des affûts et ce n’est pas forcément le travail des éleveurs!"

"Je suis incapable de tenir un fusil"

L'autorisation, liée à la déclaration en zone "difficilement protégeable" de cette région du sud-Aveyron représente un tournant dans ce dossier hautement sensible. Mais elle est loin de satisfaire des éleveurs comme Brigitte Muretqui, qui a perdu 10% de ses bêtes l’an dernier.

"Je suis une des rare à voir le loup car je suis avec mes bêtes tous les jours. Mais je suis complètement incapable de tenir un fusil ! Moi je suis venue sur le Larzac en étant anti-militariste donc vous voyez mon problème... Certes j’ai de la haine contre le loup car il attaque mes brebis et il les bouffe vivantes... Mais  je ne fais pas ce métier pour aller tuer des loups". 

Pas de "brigade anti-loups"

Ce qui manque cruellement à ces annonces et aux attentes des éleveurs, c’est la création d‘une brigade anti-loup composée de personnels de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONFCFS), des chasseurs assermentés pour traquer les loups: des animaux particulièrement difficile à tuer ! Pour ces équipes, les financements n’ont pas encore été trouvés. Ce que regrette José Bové venu saluer ces annonces, mais qui souhaite un plan loup européen.

"Nous dépensons 80.000 euros par loup en France, un argent pris sur la politique agricole commune. Peut-être devrions nous réfléchir à utiliser ces sommes pour aider le pastoralisme »  estime l‘eurodeputé."

En tout cas ces annonces ont fait bondir les associations de défense des animaux. Ferus, qui défend les grands prédateurs en France envisage de porter l’affaire devant la justice 

Comme l'expliquait le ministre de l'agriculture la semaine dernière sur Sud Radio, les prélèvements de loups vont augmenter pour maintenir la population à environ 500 bêtes.