Emmanuelle Wargon : "Vous pouvez reprendre vos travaux chez vous"

Emmanuelle Wargon était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 29 mai 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Emmanuelle Wargon interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 29 mai 2020 à 7h40.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé le 28 mai 2020 dans l’après-midi que la limitation de 100 km est supprimée à partir du 2 juin 2020, mais pas avant alors que lundi 1er juin est férié. Pour Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition énergétique et Solidaire : "l’important c’est de faire les choses par étape".

 

Si "on a de bons résultats sur l’épidémie", explique la secrétaire d’État, c’est aussi "parce que tout le monde respecte un certain nombre de restrictions". "On avait annoncé depuis longtemps que ces restrictions couvraient ce grand week-end", précise Emmanuelle Wargon. "Plus on se mélange, plus on se déplace, plus on a des risques aussi que l’épidémie se transfère d’un endroit à un autre".

"Si nous devons prendre des ajustements, nous les prendrons"

La phase 2 du déconfinement va néanmoins permettre aux Français de s’aérer : "on ouvre les parcs et jardins dès ce week-end" dans la France entière. "Je crois que c’était un besoin et ça donnera une bouffée d’oxygène". "Les Français avaient compris qu’il n’y aurait pas de grands déplacements pendant ces trois jours".

Car, si la situation s’améliore, Emmanuelle Wargon précise que le gouvernement est toujours sur le qui-vive : "il y a toujours une crainte de voir comment cette épidémie va évoluer, et donc on est en vigilance maximale". "Si nous devons prendre des ajustements, nous les prendrons".

"Il faut être très vigilants sur les gestes barrière, continuer les gestes barrière". "C’est une nouvelle manière de vivre", concède la secrétaire d’État. "C’est vraiment un sujet de protection individuelle et collective". "On est tous responsables, chacun de soi-même et des autres".

"J’ai pris uniquement du doliprane"

Emmanuelle Wargon a été diagnostiquée positive à la Covid-19 en mars 2020. "Une version intermédiaire et plutôt bénigne", explique la secrétaire d’État. Toutefois, les symptômes étaient lourds : "pendant une semaine dix jours, j’étais vraiment complètement à plat, au lit, fièvre, courbatures".

Son traitement a été simple : "j’ai pris uniquement du doliprane". Sur l’hydroxychloroquine, le traitement préconisé par Didier Raoult, elle ne se prononce pas, mais explique avoir "tendance à croire les évaluations scientifiques et les autorisations de mise sur le marché".

"Vous pouvez reprendre vos travaux chez vous"

La transition énergétique "n’est pas entre parenthèses". "On a vraiment besoin que le bâtiment reprenne", car "c’est un des secteurs-clés de l’activité économique du pays". "Quand le bâtiment va, tout va". Les chantiers ont déjà commencé à rouvrir : "à peu près trois quarts des chantiers", précise l’invitée. "Notre objectif, c’est 100% de réouverture le plus vite possible".

"Dans ces travaux, évidemment au ministère de l’Écologie, on soutient énormément les travaux de rénovation". Ils représentent de "l’activité pour le bâtiment" et "des économies d’énergie" "Ils vont nous permettre d’atteindre nos objectifs de lutte contre le changement climatique".

Ces travaux "sont en partie chez les particuliers" ce qui explique qu’Emmanuelle Wargon annonce aux Français : "vous pouvez reprendre vos travaux chez vous", sous réserve des mesures de sécurité que les entreprises connaissent et appliquent.

Pour la secrétaire d’État, "c’est le bon moment pour faire des travaux", notamment grâce aux aides comme MaPrimeRenov’, lancée par le gouvernement en 2020. "Ce qui est important c'est de trouver des adaptations chantier par chantier".

"Les voitures électriques c’est fiable"

"Je roule en Zoe électrique depuis ma prise de fonction au Ministère". Toutefois, pour son déplacement en Saône-et-Loire, elle a pris le TGV jusqu’à la gare du Creusot. "À partir de la gare du Creusot, on a fait tout ce circuit avec différentes étapes en voiture électrique". "Les voitures électriques c’est fiable", confie la secrétaire d’État bien qu’une des critiques principales qui leur sont faites soit leur autonomie. "La Zoé électrique maintenant a presque 400 km d’autonomie, on commence à faire des distances intéressantes". "Tous mes déplacements en région parisienne sont avec la Zoé".

"Le bilan écologique d’une voiture hybride est nettement moins intéressant qu’une voiture électrique"

Le plan de relance automobile annoncé par Emmanuel Macron prévoit de nouvelles primes dont une, limitée à 2.000 euros, pour les voitures hybrides et hybrides rechargeables. "Avant le plan automobile, les hybrides n’étaient pas du tout éligibles à des primes spéciales". Elles sont éligibles aux deux primes, tout comme les voitures électriques. "Ça peut faire jusqu’à 12.000 euros" pour l’électrique et jusqu’à 7.000 euros pour l’hybride.

La raison qui explique que les voitures hybrides soient éligibles à moins d’aides est simple, pour Emmanuelle Wargon : "le bilan écologique d’une voiture hybride est nettement moins intéressant que le bilan écologique d’une voiture électrique". Pour développer l’électrique en France, la secrétaire d’État annonce : "on va déployer massivement des bornes électriques partout en France, l’objectif c’est 100.000".

"Notre objectif est 1 million de voitures électriques produites en France"

Le développement de l’électrique passe aussi par l’industrie en France et en Europe. "L’une de nos motivations, c’est retrouver de la souveraineté stratégique sur les filières les plus importantes : la batterie c’est évidemment une filière stratégique". Pour ce faire, la France va investir massivement dans le projet qu’on appelle "l’Airbus de la batterie". "On renforce encore ce projet à l’occasion de ce plan automobile".

Le gouvernement veut "produire plus vite" des modèles électriques en Europe et en France. "Notre objectif est 1 million de voitures électriques produites en France et autonomie industrielle sur les batteries".

"Je pense que notre ligne politique est autour d’un socle commun"

Gérard Collomb a annoncé s’allier au parti Les Républicains dans la campagne des municipales pour la mairie de Lyon. Emmanuelle Wargon rappelle le message "très clair de Stanislas Guérini", délégué général de LREM, qui "a demandé que la commission nationale d’investiture" se penche sur le sujet et sur le maintien du candidat LREM. "Je pense que notre ligne politique est autour d’un socle commun" et que "ce socle ça n’est pas ce que nous partageons avec Laurent Wauquier".

Pour elle, les valeurs de LREM sont "des valeurs de liberté économique, de soutien à l’activité et l’attractivité, du travail, ce sont aussi des valeurs de protection des plus fragiles, des plus en difficulté".

"Nos modes de production sont meilleurs et sont plus décarbonés"

La réindustrialisation de la France entraînera, de fait, une augmentation de l’activité industrielle et donc de la pollution produite par la France. "La question c’est : comment est-ce qu’on intègre toute la pollution dans nos mesures de politique publique", explique Emmanuelle Wargon. "Quand on produit en Chine, les gaz à effet de serre, finalement, se mélangent à l’atmosphère", ce qui revient donc à polluer toute la planète et pas seulement le lieu où ils sont produits.

Produire en France ou en Europe va réduire les émissions "parce qu’on est plus vigilants, on a des normes plus strictes", mais "cela compte dans le bilan carbone de la France ou de l’Europe". "Il faut calculer l’empreinte carbone globale et réintégrer ce qu’on appelle la pollution importée dans notre calcul". "Nos modes de production sont meilleurs et sont plus décarbonés".

 


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