Élisabeth Lévy - "Les éoliennes, symboles d'un exécutif qui feint d'écouter puis qui fait taire"

Les éoliennes incarnent un problème de vision globale des Verts et du gouvernement : ils ne pensent désormais qu'en termes de CO2 sans s'interroger sur le vrai coût écologique de ces laides dames de fer. Par ailleurs, la démocratie est la cadette des préoccupations de l'exécutif dès lors qu'il s'agit "de sauver la planète". Parlons-en.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Parlons d’une loi qui va encourager les parcs éoliens en mer.

Une disposition de la loi ASAP (de simplification de l’action publique) a été votée fin octobre, bien qu’elle soit passée inaperçue. (Le Figaro).

Désormais, les recours contre les parcs éoliens seront portés directement devant le Conseil d’État. Ce qui supprime manu militari un échelon de juridiction et la possibilité d’appel. Et augmente les chances de l’État de gagner contre les riverains.

Aujourd’hui, il y a en France, entre 7000 et 8000 éoliennes terrestres, sept parcs off-shore en projet et des recours rejetés.

Oui, mais il faut bien lutter contre le réchauffement climatique, me dira-t-on.

Sauf que le lobbying éolien et solaire est très efficace,ce serait “l’avenir”. 

Mais ce n’est pas la panacée. Ces énormes blocs de béton sont un désastre pour la faune, font un bruit épouvantable et sont fabriqués à base de matériaux non recyclables. Sans oublier qu’il faut du vent. L’Allemagne est forcée de rouvrir ses centrales à charbon. Enfin, sur un plan de souveraineté, nous ne les fabriquons pas. Sur un plan écologique, c’est donc de l’import. Donc du carbone. En revanche, nous avons une électricité décarbonée - le nucléaire. Il y a certes un problème des déchets. Mais les éoliennes aussi : elles doivent être démantelées après 15-20 ans. 

La technologie va faire des progrès ?

Peut-être, mais il y a une chose qui ne va pas changer, c’est leur laideur. Avec ce paradoxe : les Verts se foutent complètement de la beauté des paysages. Alain Finkielkraut, dans son manifeste pour l’écologie poétique (en août 2019), le disait très bien : ils ne parlent pas de nature mais de biodiversité. « On délaisse l’amour des paysages pour les problèmes de l’environnement. Et on n’a pas de temps à perdre avec la beauté du monde quand la planète est en péril ». Pour eux, l’environnement se résume à des taux de CO2. Je vais aggraver mon cas en citant Renaud Camus : « À quoi bon sauver la planète si c’est pour en faire une geôle sinistre ? »

En attendant, le vote écolo ne cesse de monter.

Attendons les prochaines élections toutefois. Car il y a autre chose qui monte : l’opposition des riverains aux éoliennes. Emmanuel Macron, le 14 janvier à Pau le concédait lui-même. « Le consensus sur l’éolien est en train de s’affaiblir dans notre pays. De plus en plus de gens, qui considèrent que leur paysage est dégradé, ne veulent plus voir de l’éolien près de chez eux. Il ne faut pas l’imposer d’en haut. » On était alors dans le mouvement des Gilets jaunes, Macron voulait montrer qu’il écoutait les colères du pays. Aujourd’hui, il cherche des moyens de les faire taire. Même l’écologie est devenue une affaire de technos qui veulent faire notre bien contre nous.